Encres Indociles

11 mars 2010

Palé Bi Boka déballe tout

M. le président de l’ASM, des magistrats avaient été accusés, lors du démarrage du contentieux judicaire, d’avoir cautionné des radiations de personnes figurant sur la liste électorale provisoire. De quoi s’agit-il ?

Palé BI Boka : Je crois que vous me donnez là une belle occasion pour faire certaines clarifications sur le contentieux judiciaire. C’est vrai qu’on a lu, çà et là dans la presse, que des magistrats seraient responsables des violences et du chaos dans le pays parce qu’ils auraient radié abusivement des personnes de la liste électorale provisoire. On a accusé les magistrats de tous les maux, de tous les péchés d’Israël. En ma qualité de président de l’Association Syndicale de la Magistrature, je voudrais m’élever, sinon élever la plus vive protestation contre cette manière de faire et cette manière de voir. Je voudrais dire, très clairement, que les magistrats n’ont commis aucune faute qui ait pu amener des gens à brûler les tribunaux là où ils les ont brûlés.

 De quoi s’agit-il ?

Les Tribunaux de Man et de Katiola, qui ont été saccagés, n’avaient tenu encore aucune audience de radiation qui aurait pu justifier des violences ; encore que cela n’est pas acceptable dans un Etat de droit qu’est la Côte d’Ivoire.

 Il y a eu le cas de Divo, où le président du Tribunal a été accusé d’avoir radié abusivement des personnes de la liste électorale provisoire. Comment expliquez-vous cela ?

P.B.B : Sachez qu’à Divo, il n’avait pas encore été tenu d’audience de radiation de personnes de la liste électorale provisoire quand la première attaque contre le Tribunal a eu lieu. C’est vous dire que les gens partent du préjugé qui est qu’un tel juge serait de tel bord politique ou qu’un tel autre serait de tel camp politique, pour monter la population contre ce juge-là. C’est ce qui s’est passé à Divo où le juge avait été accusé d’être du FPI, on ne sait sur quelle base, avant même qu’il ne siège pour l’audience de radiation. A Divo, des gens qui devaient comparaître à l’audience de radiation avaient été montés contre le juge parce que dans l’imagerie populaire, comparaître à l’audience de radiation voudrait dire qu’on est automatiquement radié. Mais non ! Vous savez, la difficulté dans cette affaire, c’est qu’on n’explique pas suffisamment à la population qu’une audience de radiation ne veut pas dire que les juges vont pour radier mécaniquement tous ceux qu’on a présentés comme n’étant pas des gens susceptibles de figurer valablement sur les listes.

 Que dit le mode opératoire concernant le contentieux judicaire ? 

P.B.B : Tel que le mode opératoire a été arrêté d’accord partie, les Tribunaux interviennent, comme en matière administrative, pour statuer sur une décision de rejet où d’inscription sur la liste électorale provisoire de la Commission Electorale Indépendante (CEI). C’est contre la décision de la CEI que les citoyens font recours devant les Tribunaux. La mission du juge consiste donc à examiner si c’est à tort ou à raison que la CEI, par exemple, a rejeté quelqu’un de la liste électorale provisoire, ou si c’est à tort ou à raison qu’elle a inscrit une personne sur la liste provisoire. C’est de ça qu’il s’agit. En clair, si la CEI ne rend aucune décision, les Tribunaux ne peuvent pas être saisis.

 Des magistrats auraient agi au mépris du mode opératoire tel qu’arrêté d’accord partie. Pourquoi ?

P.B.B : Ceux qui disent que les magistrats auraient agi au mépris du mode opératoire, est-ce que ceux-là mêmes connaissent le mode opératoire ? Je voudrais faire observer que, lorsque les magistrats siégeaient dans la phase de rejet des citoyens de la liste électorale provisoire, ça ne soulevait pas autant de vague. C’est vrai, il y a eu quelques cas isolés, notamment à Bondoukou où 172 cas avaient été admis par le Tribunal, au grand dam de ceux qui auraient voulu voir les Tribunaux tout accepter. Le problème, c’est qu’il y a des Ivoiriens qui veulent imposer aux juges leur manière de voir. Toute la difficulté réside là. Ceux qui ont eu leur cas rejeté et qui sont allés pour se faire inscrire, si le Tribunal ne leur dit pas que vous pouvez vous faire inscrire, ceux-là se plaignent. Il y a des gens dont on demande la radiation. La loi dit que tout électeur peut demander la radiation de celui qu’il croit inscrit frauduleusement sur une liste électorale. C’est une demande qu’un tiers va présenter à la CEI. La CEI peut lui répondre que la personne qu’il conteste est inscrite à bon droit sur la liste électorale. Et que par conséquent, sa demande de radiation n’est pas fondée, donc rejetée. C’est cette décision de rejet de la CEI que l’individu, qui est allé présenter cette réclamation-là, déferre devant les tribunaux en dernier ressort.

 Que doit faire le juge face à une décision de rejet de la CEI ?

P.B.B. : Lorsque le juge reçoit une décision de rejet de la CEI, qui fait suite à une demande de radiation formulée par un tiers, le juge doit statuer sur le bien-fondé du rejet de la radiation formulée par la CEI. En réalité, et je le répète, c’est la décision de la CEI qui est déférée devant le juge. De sorte que, si les citoyens portent des cas de radiation directement devant les Tribunaux, ces cas-là doivent être déclarés irrecevables. Et donc, les citoyens sont obligés de passer devant la CEI pour avoir son avis d’abord. Mais la difficulté, c’est que les CEI locales, pour des raisons qu’elles sont seules à détenir, les CEI locales dis-je, refusaient de donner leurs avis par écrit, comme la loi les y oblige. Soit elles fermaient les portes au nez de ceux qui venaient demander des radiations, soit ces CEI locales disaient verbalement aux plaignants qu’elles n’ont rien à dire, ou que les délais sont passés, etc. Du coup, certains citoyens s’étaient sentis frustrés parce que la loi dit que la CEI doit se prononcer par écrit et c’est cette décision qui est déférée devant les tribunaux.

 Mais au cas où la CEI refuse de répondre par écrit sa décision de rejet d’une réclamation, que font les plaignants ?

De là est né la pratique des constats d’huissier. C’est-à-dire que les personnes, qui se sont heurtées au silence de la CEI, ont dû prendre des huissiers de justice pour faire constater l’inertie de la CEI, pour faire constater que la CEI refusait même de recevoir leur demande. C’est ce refus-là qui est déféré maintenant avec les dossiers, devant les juges.

 Certains magistrats, taxés de militants FPI, se seraient adonnés à des radiations abusives quand des dossiers ont été portés devant leurs Tribunaux. Que répondez-vous à cela ?

P.B.B : Mais ce sont-là des accusations assez graves. Elles sont d’autant plus graves que, quelquefois, ces accusations sont relayées à des niveaux administratifs et intellectuels élevés.

 Vous, vous connaissez des magistrats FPI, PDCI ou RDR dans ce pays ?

Ce que vous dites-là est grave. Mais, un magistrat dignes ce nom, a l’habitude d’être saisi de toutes sortes de dossiers. Mais les dossiers de radiation, pour nous, ce n’est pas des choses extraordinaires. Ce sont des demandes qu’on présente à des juges. Mais le juge qui examine n’est pas obligé de radier tout le monde ou d’accepter tout le monde. C’est comme toute demande en justice. Elle est rejetée si elle n’est pas fondée ou elle est acceptée si elle est fondée.

 Certains de vos collègues auraient fait prévaloir, par moment, leur fibre militante et patriotique dans le contentieux judiciaire. Est-ce normal ?

P.B.B : Il ne faut pas se livrer à des jeux diaboliques. Il ne faut pas déceler derrière chaque juge de Côte d’Ivoire sa qualité de militant de tel ou tel bord politique. Quelquefois, on se fie au patronyme des juges. Vous voyez, on déporte un peu ce qui passe dans le milieu politique dans le judiciaire. Alors, on commence à classer les juges et à leur attribuer des partis politiques. Ce sont les juges de Gbagbo, ce sont les juges de Ouattara, ce sont les juges de Bédié. Non, non et non ! Les juges sont les juges de la République de Côte d’Ivoire. Ces juges-là n’appartiennent ni à Gbagbo, ni à Ouattara, ni à Bédié. Il faut que les Ivoiriens arrêtent de raisonner comme ça de manière pauvre. Vous savez, ce qui rend la situation délicate dans cette affaire, c’est qu’il y a des prises de position que nous lisons dans des journaux et qui, quelquefois, sont adoptées, pour ne pas dire suscitées, par certaines autorités de ce pays. En tant que syndicaliste, moi je dis et je l’avais exprimé déjà devant le ministre lui-même (Koné Mamadou, ministre d’Etat, ministre de la Justice, garde des Sceaux), que je n’étais pas d’accord pour qu’on tienne les magistrats pour responsables des violences et des casses dans ce pays. Si les citoyens n’ont pas été suffisamment instruits, éduqués et sensibilisés à la chose électorale, ce n’est pas la faute aux magistrats. La preuve, nous étions en réunion avec notre ministre, avec le président du Tribunal de Man et son procureur à Abidjan, lorsque ces derniers avaient été informés de ce que des individus étaient en train de casser leur tribunal à Man. Ceux qui devaient tenir les audiences à Man n’y étaient pas, ils étaient à la réunion avec le Ministre à Abidjan parce qu’il n’y avait pas d’audience là-bas ce jour-là, mais on a quand même cassé leurs tribunaux. Comment expliquer cela ? Si nous partons des a priori du genre : ‘’tel juge a tel patronyme donc il est avec nous, il a tel autre patronyme et donc il est avec l’adversaire’’. Mais ce pays-là ira à vau-l’eau, ce pays-là ira tout droit dans le mur. Le ministre de la Justice avait rendu publique une déclaration dans laquelle il avait demandé aux juges de se conformer aux dispositions de la loi telles qu’arrêtées lors d’un séminaire.

 Qu’est-ce qui avait justifié cela ?

P.B.B : La déclaration du ministre est intervenue, mais après il y a eu le communiqué de l’Exécutif pour dire qu’on arrêtait le contentieux judiciaire. Donc depuis cette déclaration du ministre, on n’a pas encore repris l’opération. De sorte qu’il serait difficile pour moi de dire si cette déclaration est suivie d’effet ou pas. Mais ce que je puis vous dire dans l’état actuel des choses, c’est que le magistrat est suffisamment conscient de ses responsabilités dans cette sortie de crise. Il l’a déjà prouvé en allant, quelquefois au risque de sa vie, tenir des audiences foraines dans des coins et recoins du pays. Il ne faut pas aujourd’hui qu’on jette l’anathème sur les magistrats. Parce que sous le couvert de vouloir enseigner la loi, on défend en réalité sa chapelle politique. Moi, en tant que magistrat et président de syndicat, je m’insurge contre toutes ces accusions. On jette les magistrats en pâture et à la vindicte populaire. Je m’insurge contre cette façon de faire. Quelquefois on voit aussi des hommes politiques qui interpellent les magistrats. Mais ces hommes politiques-là, on sait à quel jeu ils jouent dans ce pays. Ce n’est pas un jeu qui est empreint d’honnêteté, tout le monde le sait. Par contre, nous demandons aux religieux de prier plutôt pour les hommes politiques. Nous magistrats, nous leur demandons de prier très sincèrement et surtout pour les hommes politiques. Les magistrats, pour le moment, n’ont fait que leur travail. Ce sont les hommes politiques qui font croire que les magistrats élimineraient tel ou tel nom de la liste électorale parce qu’il vient de telle région. Cela est vraiment scandaleux, ce n’est pas exact, c’est même faux. Récemment, dans le cadre du dénouement de l’affaire Mambé et de la formation du nouveau gouvernement, les politiques ont décidé que toutes les radiations prononcées, qui n’ont pas respecté le mode opératoire, seraient réexaminées.

 Comment cela va se faire concrètement ?

P.B.B : Vous savez dans le milieu politique, on dit beaucoup de choses. Les juges, eux, ont fini de rendre leurs décisions. En matière de justice, lorsque le juge a rendu une décision, on dit qu’il a vidé sa saisine. Donc le juge ne réexaminera rien du tout.

 Vous voulez dire qu’on ne reviendra plus jamais sur les cas des personnes radiées de la liste électorale provisoire ?

P.B.B : Mais c’est justement ce que je vous dis. On a fini de vider ces cas-là. Sauf si les gens veulent créer un autre décret de juridiction. Je ne sais pas si c’est un appel qu’ils vont faire, alors que la loi dit que ces décisions rendues-là sont insusceptibles de recours. Les cas sur lesquels les juges se sont prononcés ne peuvent plus être rejugés par les mêmes juges. Ils ont vidé leur saisine, Il n y a plus de juridiction qui peut se saisir de cette affaire. Les décisions prises, de commun accord, par les partis signataires de l’Accord Politique de Ouagadougou (APO), ces décisions disent que les tribunaux interviennent en dernier ressort. Leurs décisions sont insusceptibles de recours. Donc les tribunaux se sont prononcés, ils ont vidé leur saisine en ce qui concerne les cas qui leur ont été soumis. On n’a pas à demander aux juges de revenir sur ces cas-là. Vraiment, il faut qu’on laisse les juges tranquilles faire leur travail.

 Il y a, au cœur de cette polémique judiciaire, l’épineuse question de la nationalité qui a ressurgi. Que faire à ce niveau ?

P.B.B : Vous savez, dans un pays de forte immigration comme le nôtre, les questions relatives à la nationalité sont des questions délicates. Ce sont des questions qui ne prendront pas fin à l’occasion d’une opération ponctuelle telle que le recensement pour les listes électorales. C’est vrai que ce sont des questions qui sont présentes au cœur du débat. Mais, il faut dire que ce n’est pas à cette occasion, surtout pour l’intervalle de temps dans lequel on enferme les Ivoiriens pour aller aux élections, qu’on va vider toute la question de la nationalité en Côte d’Ivoire. C’est une question qui fait débat, et souvent de manière très passionnée. De sorte qu’on ne laisse pas la loi et le droit agir sereinement. Les Tribunaux de droit commun sont les juges de la nationalité. Même quelqu’un qui, à l’occasion de l’opération électorale, aurait été radié de la liste électorale par un Tribunal, à supposer arbitrairement, cette personne pourra, même après les opérations électorales, aller devant un Tribunal pour contester la décision qui, indirectement, l’aurait privé de la nationalité ivoirienne. En tout cas, à ma connaissance et dans mon interprétation de la loi, cette possibilité n’est pas fermée à ces citoyens-là. Tout comme les Ivoiriens qui n’ont pas pu se faire enrôler d’une manière volontaire ou involontaire pendant les opérations électorales, on ne dit pas que ces personnes-là ne pourront plus jamais avoir de carte nationale d’identité. C’est faux de le dire aussi, parce que la vie du pays ne s’arrête pas à un recensement électoral effectué en un temps précis. Il y a des gens qui vont avoir l’âge de disposer aussi de cartes d’identité, qu’est-ce qu’on fait de ceux-là ? Donc ce pays là continuera, même après les élections, à produire des cartes nationales d’identité pour ses citoyens. C’est un devoir de l’Etat de continuer à produire ces cartes. Après ces opérations qui soulèvent tant de vagues aujourd’hui, les citoyens qui n’ont pas pu s’inscrire sur les listes électorales pourront toujours demander après, parce qu’une procédure sera mise en place, pour continuer à produire naturellement les cartes nationales d’identité.

 M. le président, certains juges donnent, quelquefois, le sentiment d’appartenir à un camp politique. Comment l’expliquez-vous ?

P.B.B : Vous savez, quand une société est profondément divisée et politisée, cela déteint forcément sur tous les domaines de la vie. Certains de nos collègues, en principe cela ne devrait pas exister, ont pu tenir, peut-être, des propos qui tendraient à les faire passer comme étant ceci ou cela. Je peux bien comprendre que le citoyen lambda et le politicien de mauvaise foi puissent qualifier tel juge d’être du RDR, du FPI, ou du PDCI etc. Mais qu’un juge se proclame lui-même, dans l’exercice de sa fonction, d’être du FPI, du RDR ou du PDCI, je dis vraiment c’est malheureux. Je ne sais pas si un tel juge pense encore à son serment. Moi je me considère comme un juge de la République. Et tous nos collègues, en principe, doivent se considérer aussi comme tels. Je me souviens que quand on m’avait nommé à la tête du Tribunal de Yopougon, cela avait soulevé des vagues. On avait dit que Gbagbo venait de nommer son bras droit au Tribunal de Yopougon. Des gens avaient craint que je n’allais jamais délivrer des certificats de nationalité au profit de nos frères et sœurs du Nord. Mais quatre ans après, il n’y a jamais eu de scandale de ce type-là à Yopougon.

 Au Tribunal de Yopougon, le contentieux judicaire s’y est déroulé apparemment bien, au point que l’on n’a pas entendu de plainte venant de ce Tribunal. Comment vous vous y êtes pris ?

P.B.B : Nous avons été cités en exemple, par notre ministre lui-même, comme ce Tribunal qui aura fait son travail comme il faut ; et qu’il n’a reçu ni plainte ni complainte en provenance de Yopougon. Le ministre l’a dit devant les syndicats qu’il a convoqués le jeudi 04 février 2010, le ministre l’a répété devant les sages de la magistrature ce même jeudi-là dans l’après-midi. Et donc nous, depuis que les opérations ont commencé, à Yopougon, nous avons créé les conditions d’un fonctionnement normal et régulier. Nous remercions Dieu de ce que les politiciens n’ont pas dirigé les faisceaux négatifs sur notre juridiction.

 Et je pèse bien mes mots. Vous auriez eu, au niveau du Tribunal de Yopougon, des difficultés avec la CEI locale. De quoi s’agit-il ?

P.B.B : Les problèmes que nous avons eus lorsque nous avons débuté le contentieux judicaire, c’est surtout avec la CEI, parce qu’on n’est pas au même niveau d’information que les gens de la CEI. Peut-être qu’on les a formés pour leur opération électorale, mais le contentieux judiciaire, les agents de la CEI n’y étaient pas préparés du tout. Je vous donne un seul exemple : la CEI rejette l’inscription de quelqu’un sur une liste en disant ‘’rejet doublon pièces’’. Cela veut dire concrètement que cette personne aurait utilisé une même pièce pour s’inscrire avec une autre personne qui est située quelque part. Mais les CEI locales ont été incapables d’accompagner cela de la moindre preuve de l’existence de cette autre personne qui l’utiliserait. Voilà un exemple concret de ce que la CEI, elle-même, n’a pas compris le jeu. Et en dépit de tout ce que nous leur avons dit, on ne nous a jamais produit ces preuves-là. Parce que quand vous dites que monsieur X et monsieur Y ont utilisé la même pièce, mais dans le dossier de rejet, vous devez mettre les preuves à disposition, surtout que vous avez les techniciens pour le faire. Mais la CEI, jusqu’à aujourd’hui, a été incapable de produire de telles preuves.

 Alors, le juge est devant un dilemme. Est-ce qu’il doit s’aligner mécaniquement sur la décision de rejet de la CEI ?

Ce n’est pas son rôle. Il doit examiner et prendre la décision en âme et conscience. Donc, quand quelqu’un se présente devant le juge et il a toutes les preuves que c’est lui qui dispose de cette pièce-là, en l’absence de la preuve contraire que devait fournir la CEI, le juge ordonne qu’on inscrive cette personne qui avait été rejetée par la CEI sur la liste. Nous savons que cela pourrait créer d’autres problèmes. On risque de retrouver deux personnes avec la même identité, sur les listes. Tout comme si on rejette ici, on risque de retrouver deux personnes rejetées pour cause de doublon pièces. Ce n’est pas normal tout cela. Ce sont des situations que les gens devraient examiner avec plus de sérieux, moins de passion et plus de sérénité. Le contentieux judiciaire avait soulevé une vague de violence dans le pays qui pose la question de la sécurité des magistrats.

 L’opération va s’ouvrir à nouveau, est-ce que les juges pourront sereinement tranchées ces questions délicates ?

P.B.B : Nous allons nous atteler, dans les jours à venir, à chercher à rencontrer M. le Premier ministre qui conduit le processus électoral, et son chef, le président de la République, qui est le président du Conseil Supérieur de la Magistrature. Parce que les politiciens ont créé des conditions inappropriées pour l’exercice serein de la justice dans beaucoup de régions du pays. On a préparé des militants de partis à refuser toute idée de radiation de la liste électorale provisoire. Quand on a préparé des militants de partis à refuser toute idée de radiation, alors que la radiation fait bel et bien partie des décisions qui sont susceptibles d’être rendues, vous comprenez qu’il y a là danger pour les juges. Et les juges pourraient légitiment refuser de retourner dans les coins où on a déjà saccagé leurs Tribunaux. Et ça, personne ne pourra valablement le leur reprocher. Donc il faut que l’Exécutif pense dès maintenant à créer les conditions de la sécurité pour le retour des magistrats à leurs postes pour continuer leur travail. Maintenant, si on veut que le contentieux judiciaire continue, créons dès maintenant les conditions. Et cela revient à l’Exécutif de le faire. Ce ne sont pas les politiciens qui peuvent le faire pour des intérêts partisans, parce qu’ils donnent des instructions précises à leurs militants. Aujourd’hui, il faut que ces politiciens comprennent qu’ils se sont tous mis d’accord sur le fait que la phase du contentieux comprend à la fois les audiences pour se prononcer sur les cas de rejet et les audiences pour se prononcer sur les radiations. Ces deux cas-là font partie intégrante du processus du contentieux judiciaire. On ne peut pas accepter seulement une des composantes et rejeter l’autre. Moi-même qui vous parle, ma propre sœur cadette avait été rejetée de la liste provisoire, et on lui a demandé de fournir un certificat de nationalité. Je vous dis ma propre petite sœur au niveau de Sinfra. Ce qu’elle à dû fournir avant de chercher à être inscrite sur la liste électorale. Donc, ce n’est pas la peine de faire croire que c’est une seule catégorie d’Ivoiriens qui est concernée par la radiation. On monte tout cela encore, rien que pour empester l’air aux juges. Qu’on laisse les juges tranquilles faire leur travail, que chacun fasse son travail et le pays ne pourra que mieux s’en porter.

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17 janvier 2010

D'abord l'unité ivoirienne

__________________________________________________________________________________________________________________________________________________REPLIQUE AU JOURNAL « LE PATRIOTE »

‘’LE PATRIOTE ‘’N° 2613 DU 25 JUIN 2008—PAGES 5 , 8   ET

‘’LE PATRIOTE’’ N°3054 DES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 DECEMBRE 2009 --PAGES 1, 2, 3, 4, 5 :

-       Laurent GBAGBO Le Dictateur Se Réveille (YVES M.ABIET)

-       Il Touche 7 milliards / Mois Et Exige Des Sacrifices Aux Ivoiriens (Bakary NIMAGA)

-       L’Etat Victime Des Jeux De GBAGBO (JC Coulibaly)

-       Quand La Refondation Assassine L’Ecole Ivoirienne (Bertin Koffi,militant PDCI/RDA)

-       Ce Que le ‘’Grand Naïf’’ A Fait Du Pays (JC Coulibaly)

-       GBAGBO Dans Les Pièges De Ses Promesses Fallacieuses (Ibrahima B KAMAGATE)   

-       ‘’Socialisme’’ (Bakary NIMAGA)     


I – LA « GUERRE DU PETROLE » RHDP – « LE PATRIOTE » - « LE NOUVEAU REVEIL », CONTRE GBAGBO : l’impunité, les laisser – faire, les laisser – aller, notre naïveté, notre cécité, notre surdité, nous ont emmené le 19 septembre 2002…..

 

Dans la matinée de ce dimanche 20 décembre 2009, je vais comme à mon habitude faire quelques courses de la maison à SOCOCE II Plateaux. Dès qu’entré, je fais un tour du côté des journaux.  J’y découvre des titres ‘’fumants’’ sur le journal ‘’Le Patriote’’ qui naturellement ‘’captent’’ mon attention. Je feuillette rapidement le journal et me résous à l’acheter … C’est la 2ème fois que je suis lecteur du ‘’patriote’’. La première fois c’était en 2008, le n°2613 du 25 juin 2008, pages 5 et 8…, en pleine ‘’Guerre du Pétrole’’. Le RHDP- PATRIOTE- UGTCI- Nouveau réveil- DJEDJE Mady – TOURE Maférima et tutti quanti, s’acharnaient alors sur GBAGBO, le traitant « de tous les maux, de tous les noms et par tous les mots », parce qu’il voulait augmenter les prix du carburant à la pompe ! Nous étions en pleines crises énergétique et alimentaire «  mondiales », en plein « volatilité » du prix du baril de pétrole et ses « conséquences » sur « toutes » les économies du Monde !! L’exercice « clair » était donc  de « livrer le Président Gbagbo à la vindicte populaire » par cette occasion toute trouvée ! Ce n°2613 « du Patriote » m’avait été conseillé et indiqué par un ami « Patriote – Républicain » (là, dans le sens vrai et étymologique !). Quand j’y ai lu les différents articles et ceux du « Nouveau Réveil » sur leur  ’Révolte ou Insurrection Pétrolière’’, j’ai eu très MAL à mon pays, très MAL à la Côte D’Ivoire, mais aussi à l’Afrique !!Mais et  surtout, j’ai compris « comment a été préparé et est arrivé » le 19 septembre 2002 !!....... ;

Oui par notre ‘’naïveté’’ à tous, par notre ‘’grande cécité’’, nous avons laissé s’installer dans notre pays la guerre, la mort, la chienlit, le désordre,par ce « brigandage journalistique et politique» !!J’ai alors tout  compris !! Les laisser faire, les laisser aller, les impunités,  accusations et mensonges  gratuits, etc., ont tranquillement et insidieusement semé et essaimé les graines de la division, de l’incompréhension, de la « haine gratuite mais dramatique », de la guerre ! J’étais « Révolté » et ai dit à plusieurs amis et proches que ‘’Le Patriote’’ a été un vecteur, un élément « clé » du 19 septembre 2002, depuis sa préparation à son exécution insensée, macabre et inhumaine. « Le Patriote », l’est encore aujourd’hui, en 2009, en plein APO..Inadmissible, Inacceptable ! Tous ces MORTS, toutes ces DECHIRURES,TOUS CES DESASTRES !!!

 Oui, le 19 septembre 2002, contre notre pays la Côte d’Ivoire,assassinat de BALLA KEITA (à Ouaga en pleine préparation,en prélude,en avertissement,en Aout 2009…), assassinat de BOGA DOUDOU, du Général- Président GUEI, de plusieurs brillants officiers supérieurs de la « crème »  de nos FDS,l’exécution de  la soixantaine de gendarmes et pour certains avec leurs familles à Bouaké…Le 19 septembre 2002, massacre de populations civiles innocentes, assassinat des danseuses d’Adjanou, Guitrozon et petit Duekoué, Monokozoi, mars 2004, novembre 2004, Anyama, Noé, Akouédo, etc, etc…Le 19 septembre 2002 encore ‘’tout frais et tout près’’, malgré l’APO… Et « le Patriote » continue,recommence, rempile, devant ‘’naïveté’’, « impassiblité », «  laisser-aller et  laisser faire » , « résignation » de « TOUS », surtout des Hommes de  « DROIT ET DE LOI », garants du « CIVISME »,de «  LA JUSTICE », de la  « LA STABILITE », de « LA PAIX », de « LA CONCORDE », de « LA VIE ENSEMBLE,EN SOCIETE », APRES TOUS CES CRIMES ENCORE « CHAUDS » du 19 Septembre 2002 !!!

 ‘’Le Patriote’’ a raison, car nulle part au monde,oui,nulle part, on n’accepterait ces écrits, ces manipulations, ces intoxications,ces accusations et attaques gratuites,ces fadaises dramatiques, contre la Refondation, contre le PR Laurent GBAGBO,et donc contre  la Côte d’Ivoire en définitive !. Nulle part ! Oui, Prési tu as été et tu es  trop gentil ,trop humain ,trop compréhensible,trop sensible, tout cela « assimilé »   à de la « naïveté » par ceux – là mêmes qui « t’en veulent à mort » !C’est donc « LE PRIX A PAYER »..,Prési..,tout simplement, cet « humanisme » à nul pareil.. !!!

 

II- LA « GUERRE DU PETROLE » RHDP – « LE PATRIOTE » - « LE NOUVEAU REVEIL », contre GBAGBO : Ignorances et méconnaissances techniques, fadaises, intox et manipulations « dramatiques » d’intellectuels.

 

« Morceaux choisis » dans cette ‘’guerre du pétrole’’ RHDP-UGTCI-PATRIOTE-NOUVEAU REVEIL, contre GBAGBO, l’homme iconoclaste, révolutionnaire- refondateur, la ‘’bête noire’’, l’homme à abattre par tous les moyens par la France et tous ses relais locaux et françafricains, chevaux porteurs, nègres de services, traîtres à leurs pays, à leur continent, au service du colon…. « Morceaux choisis » donc :

 

1 - Mme Touré Maférima,Présidente de la Commission « Technique » Mines et Energies du RDR. :

1)   ’’La Côte d’Ivoire peut éviter l’augmentation des prix des produits pétroliers…’’- Quels Mensonge, Irresponsabilité, et quelles Faiblesses !!

 

2)   « La Côte d’Ivoire est productrice et exportatrice net de brut de pétrole à 100.000 b/j, au coût moyen de 140§/baril, ce qui permet à l’Etat « d’engranger » d’énormes « ressources financières » ! Faux !!Ignorance, Mensonge Grossier,  Légèretés, Manipulation  !!

 

     Et la ‘’crème’’, la ‘’cerise’’ sur le gâteau  :

 

3)   « Le stock de sécurité ayant été constitué depuis de longues dates, ces 6f (six francs) supplémentaires payés par le consommateur doivent être supprimés » !!! Gravissime !!! Aucune notion, sinon connaissance réelle, aucune ‘’prise’’ sur les « Stocks dits de Sécurité » constitués sur la base des données des débuts d’années 80 (à la constitution de GESTOCI – le grand frère Toungara est  bien Informé..), et donc  en 2008, « largement et exponentiellement » dépassés!!Les Stocks dits « de Sécurité » sont plutôt « A REVALORISER » aujourd’hui, en 2009, Mme !

Mme, vous m’excusez, vous racontez mensonges et fadaises ! Vous êtes tout simplement ignorante de « la question des Stocks de Sécurité » dans une « stratégique » Installation (GESTOCI)  à multiples risques « visibles et diffus » ! Vous faites donc de « la manipulation technique » contre l’Etat, contre le PR Laurent GBAGBO ! A notre avis et de beaucoup d’autres, cela mérite une « vigoureuse » interpellation par tous ceux « de droit »…On ne vous a rien dit et rien fait, et vous êtes donc  restés dans votre « posture » de sabordage, d’attaque de la Côte D’Ivoire..Vous profitez « de la naïveté » et peut être de « l’ignorance » ou de « l’inattention coupable » des hommes de « droit », « défenseurs » de la REPUBLIQUE….Vous avez donc « raison »…

Tous les articles de ce No 2613 du 25 Juin 2008 du  « Patriote » relatifs aux questions pétrolières, « tous » étaient bondés, truffés de légèretés,de mauvaises fois, d’ignorance, de faiblesses techniques et intellectuelles,de fadaises incroyables, tout cela « enrobé » dans un tissus de mensonges, de manipulations abjectes, nauséeuses et nauséabondes !!!  C’était à la fois révoltant, inacceptable, coupable !!Cela à notre avis, demandait des explications à qui de droit, à la justice, au procureur, et « demandait réparation et punition », eu égard aux multiples effets conséquents « dramatiques » de ce genre d’actes insensés, irresponsables et bien à dessein(19 Septembre 2002..)!

J’ai alors imaginé tout ce qu’à bien pu pondre ‘’le ‘’patriote’’, à la préparation et à l’exécution de l’indélébile, inhumain, macabre, mafieux 19 septembre 2002 !!

 

2 - Suite « morceaux choisis », toujours dans « la guerre du pétrole » du RHDP contre Gbagbo, cette fois-ci à travers le professeur ‘’agrégé’’ Djédjé Mady, « Gbi » (la panthère), le Grand « Frère »…. :

 

’La Côte d’Ivoire produit 50.000 b/j (Mme TOURE du RDR, du « même »  RHDP, parle elle  de 100.000 b/j,le double...!). Elle reçoit donc 25 milliard de FCFA /j soit 750 milliard le mois, soit 9000 milliard /an ! Elle n’a donc aucunement besoin d’augmenter les prix à la pompe..’’ !!- (Conférence de Presse- Samedi 12/07/08.

 Porte parole du RHD- A-D). Un professeur ‘’agrégé’’, un homme ‘’de science, de savoir et de raison’’, en principe, qui raconte « ces balivernes ces énormités », tout simplement pour « attaquer et casser » un homme (Laurent Gbagbo), et ce, « au service et dans l’intérêt »du colonisateur ».Difficile à comprendre et à accepter en ce début de 21è siècle !!Difficile. L’adversité politique ‘’normale’’ doit se nourrir de contradictions et non de mensonges et d’ignorances,, avec tous leurs corollaires de conséquences socio- économique et politiques, dans un jeune Pays à plusieurs «aspirations légitimes et vitales » !!!

 En effet pour la vérité, toutes les compagnies pétrolières exploitant notre bassin pétrolier, produisent au total 50.000b/jour en moyenne. Dans le ‘’contrat de partage’’ sous la forme « de l’investisseur mieux  payé », la Côte d’Ivoire avec ses « 12% », gagne alors 6000b/j (12% x 50.000). Voici la ‘’réalité technique’’, GBI !!! 6000b/j x 140§ (à l’époque)  =   840.000$/j, soit avec 1$= 500f = 420 millions de  FCFA /j (et non 25 milliards FCFA/j !!) ! Si on multiplie par 365jrs = 420.millions x 365j = 153 milliards/an (et non 9000 milliards !!!).Jugez vous-mêmes !!!!

En y ajoutant quelques « bonus »par-ci et par là, on peut arrondir nos revenus pétroliers autour de 170 milliards/an (avec le baril à 140 $)…

Par comparaison, sachez qu’en Angola la production est de 2.000.000b/j ! .Si on prend l’hypothèse que l’Angola prend « 50% »(là où la Côte D’Ivoire est à 12%..) dans le contrat de partage, alors ce pays ‘’engrange’’ (là le mot « engranger » prend tout son sens « vrai »…),50% (2000.000)x 140$ = 140.000.000$./j, soit  140.000.000 *500 =  70 milliards / j,soit 70 milliards * 30 = 2100 milliards / mois, soit 2100 * 12 = 25.200 milliards/an , soit 10 fois le budget annuel de la Côte D’Ivoire (2500 milliards) !!Vous comprenez que l’Angola elle « peut éviter  d’augmenter les prix des produits pétroliers » à la pompe, avec ces gains plus que « faramineux », rien que dans le Pétrole !!! !!

Mme Touré Maférima et Mr Djédjé Mady du RHDP,Messieurs les journalistes du Nouveau Réveil et du Patriote,nous pouvons revenir sur les questions parlant de la grille de taxation des produits pétroliers,de la péréquation transport, des comparaisons de taxes ou d’impôts avec des pays de la sous région(Mali,Sénégal, Burkina,Niger,etc.),toutes  truffées d’ignorances criardes, de contre – vérités,de mauvaise foi manifeste , et vous adresser alors  de simples contradictions  argumentées

 

III – « LE PATRIOTE » N° 3054 OU GBAGBO « DICTATEUR – NAÏF, IMPREVOYANT – EGOÏSTE – IRRESPONSABLE – CRIMINEL » : Trop facile !! Nous répliquons par « argumentation »…… 

 

Mais nous nous arrêtons là,pour nous nous intéresser à la production de ce «Le  Patriote » n° 3054 ,dans la même veine,dans la même ligne,dans la même logique,où le PR,son excellence Laurent Gbagbo est traité «  de tous les noms et par tous les  mots, de  tous les maux »(dictateur,naïf,imprévoyant,criminel,roublard,égoiste,menteur..)…

C’est vrai beaucoup d’amis et de proches aussi stomaqués, ahuris  et plus que enragés par les productions du « Patriote », m’ont dit comme çà : « Ce n’est pas la peine de leur répondre, tellement c’est gros ce qu’ils écrivent sur Gbagbo »..Mais, je leur ai rétorqué, justement, c’est là « notre erreur »  et notre « naïveté » à tous , avoir laissé « ces gens – là » faire et écrire  tout ce qu’ils veulent,jusqu’à « fabriquer » la discorde ,la haine,les crimes,dont le « summum » est le  « 19 Septembre 2002 »,avec toutes « les conséquences »,qu’ils ne veulent assumer, qu’ils oublient,qu’ils inversent ou qu’ils prennent et confondent  par mauvaise foi et bêtise, avec  « les causes,les racines »..Ah, « la négraille », « les bêtises nègres », manifestées surtout dans « l’Inconséquence, l’Irresponsabilité, l’Imprévoyance », comme le dirait mon meilleur ami, MBouké.. !!Ah, « les bêtises nègres » avec tous leurs flots et corollaires de drames, maux et malheurs !!Oui, ils doivent « assumer » le 19 Septembre 2002 dans « toutes ses dimensions  et avec toutes ses conséquences », tout simplement..

Oui, le 19 Septembre 2002, « indélébile, inoubliable », dans la jeune histoire de notre Pays, la CI, c’est l’assassinat atroce de Boga Doudou « l’exécutant des Conseils Généraux », l’exécution du Général – Président Robert Guéi, « père » de l’actuelle constitution… 

Le 19 Septembre 2002,c’est les disparitions,les meurtres « gratuits » DE MILLIERS D’INNOCENTS,D’INTELLIGENCES,DE FORCES VIVES ET D’ELITE…Souvenez vous Marcellin Yacé,les colonels Dali Oblé,Dagrou Loula, Djama,etc,le Médecin – colonel Zouzoua à Korhogo,la soixantaine de gendarmes et pour certains avec leurs familles à Bouaké, les pauvres danseuses d’Adjanou à Bouaké,etc. ;

Le 19 Septembre 2002,et c’est cela qu’il FAUT ACCEPTER,ASSUMER EN DEFINITIVE,c’est L’INTRODUCTION DU DESORDRE « PLANIFIE », C’EST LA « DESATISATION – DEPLANIFICATION », c’est UN COUPERET,UN ARRÊT contre « LA REFONDATION », contre « LES CONSEILS GENERAUX »…Le 19 Septembre 2002 c’est « LA MORT DANS L’ŒUF » des  CONSEILS « REGIONAUX »,de « L’AMU » …Le 19 Septembre 2002, c’est « L’ARRÊT DE L’ENVOL DE LA CÔTE D’IVOIRE SORTIE DES TENEBRES » en UN AN et DEMI(1et ½) de « REEL EXERCICE » DU POUVOIR de « LA REFONDATION »(Octobre 2000-Septembre 2002)..Le 19 Septembre 2002, c’est « L’ARRÊT BÊTE » contre «LE TRAVAIL, LA PRODUCTIVITE,LE DEVELOPPEMENT,L’ÊTRE ET LE BIEN – ÊTRE,LE VIVRE ET LE BIEN VIVRE »..C’est TOUT CELA,le 19 Septembre 2002, « FRERES »…IL FAUT RECONNAÎTRE ET ASSUMER..

Et donc,pourquoi ETRE SURPRIS par TOUTES LES CONSEQUENCES LOGIQUES ET INDUITES dont « L’ECOLE ASSASSINEE ET EN DELIQUESCECNCE »,L’EXERCCE DU POUVOIR « AVEC DICTATURE », « L’INSALUBRITE DANS TOUT LE PAYS », « LE CHÔMAGE INSTALLE »,etc, même si,tous témoins de l’histoire et de l’actualité,nous voyons et savons bien que tout ce que vous avancez là est bourré « d’intox,de manipulations,de mensonges, de faiblesses et de légèretés criardes,de mensonges à dessein » AIGUILLONNES et CONDITIONNES QUE VOUS ÊTES,contre UN HOMME, UN SEUL HOMME, L’ICONOCLASTE REFONDATEUR-REVOLUTIONNAIRE,LE PR, SON EXCELLENCE KOUDOU LAURENT GBAGBO, l’Homme « A ABATTRE » par « VOS MAÎTRES » Français et « LOCAUX » ..PARRICIDE « PARFAIT, ,NEGRE » !!!CE N’EST PAS « NOUVEAU » SOUS « LES TROPIQUES »..Mais, « QUELS DESASTRES, MALHEURS ET DRAMES », « FRERES » du « Patriote », du RHDP, du « Nouveau Réveil », de L’UGTCI…

Par exemple,vous faites des comparaisons de « fonds ou budgets de SOUVERAINETE » de façon légère avec des analyses qui ne tiennent pas,  avec cette  affirmation : « Gbagbo gagne 7 (sept) milliards / mois(soit 84 milliards/an),.. ,et demande des sacrifices  aux Ivoiriens…,là où Bédié avait 15 milliards /an et Guéi  35 milliards /an » et de «rempiler « Obama a 225 millions /an !!(Le Président de la plus grande puissance du monde .. !!), et Sarkhozy, 6,5 milliards/an ».. 

Vous continuez et affirmez ici votre jeu « favori » qui est « intox, désinformation, manipulation d’esprits « faibles et ignorants »,  « d’esclaves mentaux intellectuels »(un lot de cadres, « d’intellectuels » !!) « adeptes et pratiquants » de la théorie du « BAGOUSOU »(L’inénarrable et érudit , le doyen Dédy Séri : BA=BAYÊFOUE =Baoulé/ GOU = GOUGNON= Bété /SOU =SOUMANGOUROU=Malinké),c'est-à-dire tout simplement , « INTELLECTUELS », adeptes et pratiquants de LA SORCELLERIE « INTELLECTUELLE », contre « LEURS PROPRES FRERES, CONTRE LEUR PROPRE PAYS » !!

 

 

IV – ANALYSE « DES THEMES » DE « LE PATRIOTE » N° 3054 & Réplique en Contradiction

 

ANALYSONS SOUS « PLUSIEURS ANGLES »..

 

- D’abord, la Côte D’Ivoire n’est ni la France (votre « Grand Maître ») ni les Etats –Unis, et la France n’est pas les Etats – Unis et vice versa ..Chaque pays  a « ses Réalités » dans « le Temps et l’Espace »…Et cela « saute aux yeux » dans vos « élucubrations et données » : le Budget de Sarkhozy est de 6,5 milliards /an (selon Vous..Nous allons vérifier..), et celui d’Obama 225 millions/an (selon Vous..Nous allons vérifier..), c’est – à dire que Sarkhozy « GAGNE »(selon vos propres termes..), 30 fois (trente fois) plus qu’Obama..Comment « EXPLIQUEZ – VOUS » cela ??Quels ARGUMENTS, Mr Nimaga, alors que nous savons « tous » que les Etats – Unis sont 5 à 7 fois « plus puissant » que la France de Sarkhozy, de Chirac « bourreau » de « Notre »(vous et moi..) Pays ? Nous attendons « vos ARGUMENTS », tout « intellectuellement », sans « passion », avec « logique »…

 

- D’autre part, les 3 (trois) Régimes de « Gouvernement » sont plus que différents à plusieurs chapitres.. En plus,La Côte D’Ivoire avec un « Fort » Régime PRESIDENTIEL, est un Pays « attaqué » et « affaibli à dessein »(vous en savez beaucoup..), depuis 8 ans (Le 19 Septembre 2002..).La Côte « a plié » mais  ne s’est pas « effondrée ».Ses « Fondamentaux » ont été préservés, son «Economie » a tenu et tient encore, avec un budget annuel depuis 3 ans/4ans, malgré la « crise », autour de 2500 milliards. Les budgets aux « temps et dans les contextes de PAIX» de Bédié, de Guéi, tournaient autour de 1200 milliards l’an (vous vous en souvenez ??)..Savez vous quelles « évolutions » ont eu les budgets de la PRIMATURE depuis LE DETENTEUR ET DEFENSEUR EXCLUSIF DES ACCORDS « BIBLIQUES » de Marcoussis, LE DOYEN « DISPARU » (de l’échéquier « politique ») Seydou Diarra,  à Soro, via Banny « LA DEFIANCE, LE PRESIDENT – BIS » ? DE 9 Milliards à environ 18 milliards aujourd’hui, le Budget de  LA PRIMATURE.. Ici, chers « frères », vous voyez bien que le budget de Bédié est « déjà englouti » par celui de la PRIMATURE!! Et vous voulez que LE PR,son EXCELLENCE Laurent Gbagbo, votre « NAÎF », HOMME « ATTAQUE ET  A ABATTRE », LUI QUI A SAUVE « LA CONSTITUTION », QUI A SAUVE CE PAYS, « NOTRE PAYS »,LUI QUI A FAIT « DOUBLER » LE BUDGET(1200 à 2500 milliards !!),vous voulez donc qu’il  « S’AUTO – TRUCIDE », « CROISE LES BRAS »(Votre grand souhait ..), « S’AUTO –AFFAIBLIT » ??Votre « NAÎF », plutôt HOMME DE GENIE ET GRAND STRATEGE,GRAND  « VAINQUEUR » du 19 Septembre 2002(Où sont aujourd’hui le « Grand Maître »Chirac, De Villepin, Alliot Marie,le « camarade » François Hollande, « l’impolie »Brigitte Girardin,le « frère » Koffi Annan, les Téovodjéré, NKolo,Adada« nœud papillon »,Général Fall,Poncet,Obasanjo,Kuffor,Konaré,le « père » Bongo ( paix à son âme.)? Que devient Wade « le père – couveur » de la Rébellion, « le porte – voix », « l’envoyé », « le javelot », « le Joker » de la France ??,etc.Où SONT – ILS ?), Laurent Gbagbo donc ,devant TOUS LES COMPLOTS,TOUTES LES ATTAQUES ET TOUS LES DANGERS, ET EN ACCORD,,EN COLLUSION, EN « TANDEM » (UN « VRAI » celui-là.. !!) AVEC L’ASSEMBLEE NATIONALE de Mamadou Koulibaly(Le Président,« l’HOMME » de Marcoussis..), de Miaka Oureto(Président Commission « Finances/budget »), A NATURELLEMENT ET INGENIEUSEMENT OPTE POUR LE « RENFORCEMENT » DE SES POUVOIRS ET MOYENS  PRESIDENTIELS CONSTITUTIONNELS.. D’Où, oui, UN BUDGET BIEN DIT « DE SOUVERAINETE »CONSEQUENT, « LA SOUVERANETE » et  « L’EXISTENCE MÊME » DE LA CÔTE D’IVOIRE ETANT « VISIBLEMENT ET DRAMATIQUEMENT » EN JEU(Vous souvenez « les déchirantes et terribles » tentatives de « mises sous tutelle » ??!!Vous vous en souvenez ?) !!

Oui, Mr Nimaga, Gbagbo « LE GRAND NAÎF » A OPTE pour UN « FORT BUDGET DE SOUVERAINETE » ADAPTE « AUX SITUATIONS ET AU CONTEXTE » CONSEQUENTS, PROVOQUES PAR LE 19 SEPTEMBRE 2002 (Que vous connaissez très bien..).C’est UNE (1) DES « ARMES » (L’ARGENT, LES MOYENS FINANCIERS), pour COMBATTRE CETTE « HYDRE » MAFIEUSE  ET NEBULEUSE, ET « LIBERER » DEFINIVEMENT NOTRE PAYS,C-EST A DIRE, LES IVOIRIENS ET TOUS LES HABITANTS DE CE PAYS !!Nous vous signalons qu’en 2000, à sa prise de Pouvoir, Gbagbo « LE NAÎF »,ne VOULAIT PAS D’UN BUDGET de PLUS DE 10 Milliards(Renseignez – vous..) !!Cela a créé DEBATS ET DEBATS à l’Assemblée Nationale.. Il fallait convaincre le NOUVEAU Président qu’il y a « LES REALITES » de L’EXERCICE DU POUVOIR…, qui sont entre autres, « LES INSURRECTIONS » d’Octobre 2000 avec « LE CHARNIER de YOPOUGNON » (dont  vous « attribuez la paternité  à Gbagbo..), de Janvier 2001,etc., dès  LES PREMIERS JOURS du POUVOIR !!UN HOMME, même « NAIF » ou « BÊTE », mais QUI RESPIRE, REFFLECHIT, ANALYSE, VOIT, « FAIT QUOI », après « TOUT çA  » ??REPONDEZ, Mr Nimaga..

Mais, Malgré tout cela, Malgré CES  PREMIERES ET AVERTISSANTES  « REALITES » DE L’EXERCICE  POUVOIR, Gbagbo est resté fondamentalement « DEMOCRATE », « OUVERT », « TROP GENTIL », DE L’AVIS DE LA GRANDE MAJORITE DES HABITANTS DE CE PAYS !!.Une Grande  et Triviale PREUVE : LA LIBERTE, L’IMPUNITE, « LA COMPREHENSION » DONT VOUS JOUISSEZ, VOUS DE « LE PATRIOTE », APRES TOUT CE QUE VOUS AVEZ FAIT ET CONTINUEZ DE FAIRE, CONTRE ET SOUS GBAGBO, CONTRE LA CÔTE D’IVOIRE.DANS AUCUN PAYS AU MONDE,MÊME dans  LES PLUS « DEMOCRATIQUES », CELA N’EST PAS POSSIBLE,dans   AUCUN PAYS,A PLUS FORTE RAISON dans  LES PAYS AFRICAINS ,dans LES PAYS VOISINS DITS « FRERES » (Mali,Sénégal,Burkina,Niger,etc) !!!!

Nous pouvons  continuer à argumenter contre  toutes vos « qualifications »  du PR, Laurent Gbagbo, ses actes,  ses actions socio-économiques, son action et sa vision « politiques » ,tout cela « dénoncé », « dilué », « sabordé et saboté » à votre « manière » et comme « à votre » habitude  dans ce n° 3054 de «Le  Patriote »(Promesses « Fallacieuses » et « Dictature » de Gbagbo, parlant des récentes Grèves des Greffiers et du Corps Médical../Attitudes et Actes « Naïfs » de Gbagbo…/Mise « à Mal » de l’Etat par Gbagbo../Comportements et trains de vie « des camarades » Socialistes – Refondateurs../ Etc..)..

 

V – PROMESSES « FALLACIEUSES » DE GBAGBO ??... ; Mensonges, incivismes, insuffisances et légèretés techniques, manipulations et intox, exclavagisme mental et intellectuel …

 

Nous pouvons vous « coincer  facilement »,parlant par exemple,  de « Promesses Fallacieuses de Gbagbo..  » !!. Gros et gros !!Du « Fallacieux »( = « destiné à Tromper , à Egarer = Fourbe = Hypocrite =Perfide »), matérialisé par des Décrets, il faut le faire !!A ce chapitre du « Fallacieux », Frat – Mat N° 13534  des « mêmes » Samedi 19 et Dimanche 20 Décembre 2009,vous donne « La Réplique » !! En effet,malgré « le 19 Septembre 2002 »(et ses multiples conséquences que vous « niez »..), la Masse Salariale des fonctionnaires, passe de 453,4 milliards en 2000 à 749 milliards en 2009, et va aller croissant à 814,1 milliards en 2010, soit 65 % d’augmentation en 8 ans, dans un Pays perturbé, en Guerre , affirme Frat – Mat, Pages 1 – 2, « tableaux  et chiffres » à l’appui (donc que tous,vous et nous pouvons « vérifier »..) !!Une Performance UNIQUE et INEDITE  dans la Sous – Région,en Afrique ,voire dans le Monde !!Comment Expliquez – vous ces « Réalités » Financières à plusieurs « induits » Socio – Economiques plutôt « positifs »,et qui prennent totalement « le contre – pied » de toutes vos « affirmations » ?Comment, Nimaga,Kamagaté,Abiet,Coulibaly, Koffi et tutti quanti ?Nous ne devons ni ne pouvons « encourager » le PR « à la dictature,aux promesses fallacieuses, à la mise à mal de l’Etat,etc. »,étant tous « acteurs » donc Potentiels  «  victimes ou bénéficiaires  directement ou indirectement »(mon épouse est Dr en  Pharmacie et fonctionnaire,dans le Publique..) de la vie et des  données  « Financio – Socio – Economiques » et « Politiques ».Mais en même temps et pour plusieurs autres raisons « Majeures », de Justice,de Civisme,d’Equité,de Paix Sociale, d’ordre Moral,Intellectuel, « d’Ethique », de Travail et Productivité, nous ne pouvons pas laisser LE PR être Sali,Menti,Dénaturé,Bafoué, « Attaqué en permanence »..NON et NON !!

 Nous pouvons continuer,mais cela n’ AVANCERA NI LE  DEBAT, NI   L’ECLAIRAGE, vos  LIGNE  ET LOGIQUE  étant « STATIQUES ET INVARIANTES » : « DEMOLIR » Gbagbo par TOUS LES MOYENS,TOUS LES MENSONGES,TOUTES « LES MANIPULATIONS » !Vous faites « de La Délinquance et du Brigandage journalistiques » adoubés d’un Esclavagisme Mental, dans un esprit Incivique et Insurrectionnel, au service du Maître  - Colon, « le Blanc »..Vous vous « Tromper d’Objectif » avec toutes « les Conséquences », que vous ne voulez ASSUMER !!Vous vous Auto – Flagellez, Auto – Enchaînez, « Nous » Entraînant Malheureusement avec Vous, voilà LE VRAI DRAME !! Alors, en « REPLIQUE », Nous Vous Adressons le « MINIMUM » ici DEROULE,Qui  devait SUFFIRE pour TOUJOURS.., même en ATTENDANT VOS  REACTIONS « ARGUMENTEES » , cette fois – ci. !!

 

VI – APPEL AUX « INTELLECTUELS « DU RHDP ET DE LA REBELLION – APPEL AUX « INTELLETUELS ET PENSEURS » DU FPI ET DE LA MOUVANCE « PATRIOTIQUE ET REPUBLICAINE

 

Nous allons  CONCLURE en LANçANT DEUX (2) APPELS….

 1- APPEL AUX « INTELLECTUELS » DU RHDP, D’ABORD « DES FRERES »

 

Nous vous demandons « FRERES » de REVENIR « A LA RAISON ET A LA MAISON »..SORTEZ DE CE  PARRICIDE « INEDIT », contre LA  CÔTE D’IVOIRE, votre, notre « SEUL » Pays (et non contre Laurent Gbagbo..), contre votre,notre  CONTINENT, déjà et depuis « EN RETARD » !!

.N’avez-vous pas vécu et observé, ne voyez – vous pas  « LA SOLIDARITE » des « BLANCS », des « FRANçAIS » dans cette « GUERRE » du 19 SEPTEMBRE 2002 ? Socialistes hommes « de gauche » Français,Centristes Français,Camarades « communistes » Français, « main dans la main » avec leurs « FRERES » Français de la Droite AU POUVOIR emmenés par Chirac et aujourd’hui Sarkhozy, mettant en avant, « LES INTERÊTS PREMIERS » de la France, « LEUR PATRIE », n’ont fait et ne font aucun cadeau à  « Laurent Gbagbo et ses amis,ennemis de la France.. !!»- L’inénarrable Bernard Kouchner, tout récemment…, en Novembre 2009..

LA QUESTION EST LA : DENONCER,CRITIQUER ET  NON AFFAIBLIR,VOULOIR DETRUIRE, SANS PENSER AUX MULTIPLES ET MULTIDIRECTIONNELLES CONSEQUENCES, ET ÊTRE « SURPRIS, ETONNES » APRES..NON ET NON !!PENSEZ AU PEUPLE, AU PAYS ! !

NOUS,IVOIRIENS,AFRICAINS ,AVONS DROIT AUSSI,A LA PAIX,A LA PROSPERITE, A LA VIE, AU BIEN – ÊTRE, AU BIEN – VIVRE, A L’AMU,ETC., COMME « EUX »..CES QUÊTES – LA, « NORMALES, LEGITIMES » ONT BESOIN « DE LA COLLUSION ET DE LA SYNERGIE » DE TOUTES « NOS ENERGIES ET INTELLIGENCES »…

« FRERES », SOYEZ DONC  « POSITIFS »  ET « REVENEZ A LA MAISON ET A LA RAISON », DANS L’INTERÊT DE « TOUS », ET NON DE GBAGBO  !!  .GBAGBO, « CE FRERE », L’HOMME TOUT SIMPLEMENT « REVOLUTIONNAIRE – REVOLUTIONNAIRE », DONC « DE PROGRES » !!!

 

2- APPEL AUX « INTELLECTUELS »  DU FPI ET DE LA MOUVANCE « PATRIOTIQUE, REPUBLICAINE »

 

De notre avis et  de celui  nombreux autres OBSERVATEURS,ACTEURS, ANALYSTES de la Vie Economico - Socio – Politique, beaucoup « D’INTELLOS » , EPAIS  ET RECONNUS comme TELS d’abord « AU FPI » et aussi dans Le Courant Naturel « REPUBLICAIN,PATRIOTIQUE », ont depuis particulièrement LA PREPARATION(ASSASSINAT DE BALLA KEITA A OUAGADOUGOU..,ETC), ET LA MISE EN ŒUVRE de ce FATIDIQUE 19 Septembre 2002,« ABANDONNE » LA LUTTE , SUR LES PLANS DES « REACTIONS », DES « ARGUMENTATIONS »,  DES « MISES AU POINT », «DES « ANTICIPATIONS », DES DEFENSES ET ECLAIRAGES « OPPORTUUNS, A TEMPS,APPROPRIES »,ETC....

QUELLES EN  SONT LES  « EXPLICATIONS » ?

 

 -EFFETS  « ASSOMMANTS ET DEROUTANTS  » DU 19 SEPTEMBRE 2002 ?

 

  -PROBLEMES DE « PERSONNALITE », DE VALEUR OU RESSOURCE « PROPPRE, INTRINSEQUE, INTERIEURE » ?

 

 -POUR UN CERTAIN NOMBRE, «  GRISES PAR ET  VAUTRES » DANS UNE RICHESSE « FULGURANTE », VOIRE « INESPEREE », UN BIEN – ÊTRE ET  UN BIEN – VIVRE « PLUS QU’INATTENDUS », ET DONC MAINTENANT AVEC DES PREOCCUPATIONS « AUTRES », ENTRAÎNANT DONC  « INSOUCIANCE,INCONSEQUENCE, IRRESPONSABILITE ET  DESINTERÊT» SUR QUESTIONS « URGENTES,VITALES,CRUCIALES » D’INTERÊT « GENERAL OU NATIONAL »..

POUR « CEUX - LA », EN DEFINITIVE, LE MONDE « S’ARRÊTE A EUX », MANQUANT « DE VISION », AVEUGLES PAR LEURS « NOUVEAUX » STATUTS, MANQUANT « D’HUMILITE ET DE SOLIDARITE », ET SURTOUT, LE « VRAI DRAME », N’AYANT PLUS « AUCUNE CONSCIENCE » D’UN CERTAIN NOMBRE « DE DANGERS »  CONTRE « TOUS », EUX « INCLUS » !!

ILS ONT DONC AINSI LAISSE ET ILS CONTINUENT DE LAISSER « LE PATRIOTE » FAIRE « LA GUERRE » ET « DETRUIRE » LA CÔTE D’IVOIRE !

ILS « ONT ABANDONNE », VOIRE « TRAHIS » LE PRESIDENT – COMBATTANT, L’HOMME « ATTAQUE » , SON EXCELLENCE, KOUDOU GBAGBO LAURENT !HEUREUSEMENT , L’HOMME « LUI – MÊME » EST « FORT », ayant « AVEC LUI », sa dame Simonne, l’intrépide ,constant et fidèle Mamadou Koulibaly,les dames « de feu » Lorougnon Gnabri, Bro Grébé,Danièle Boni Claverie,Djibo Martine, Lagou,Dekou Edwige,etc.,les doyens et monuments Bernard Dadié, Sery Gnoléba,Laurent Dona Fologo,Ahoua N’Guetta, etc, les Patriotes « indécrottables » Gnamien Messou,Attebi Williams,Néa Kipré,Hélli Hallassou,etc, les jeunes et intrépides lions Blé Goudet,Eugène Djué, Ahoua Stallone,Navigué, Watchard,Zeguenn, Legré,Castro,Fofana,Dibopieu,Sergs Kassi,Tiehi Joel, etc…

Oui, HEUREUSEMENT,ET , LA CÔTE D’IVOIRE de LAURENT GBAGBO  « EST DEBOUT ET RESTERA DEBOUT », CONTRE « VENTS ET MAREES », CONTRE TOUTES LES « COMPLOTITES », DIEU LE SEUL JUSTE ET VRAI JUGE  LA TENANT, LA PROTEGEANT DE TOUT ET EN TOUT INSTANT !!

Lekadou

 Mardi 22 Décembre 2009

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31 décembre 2009

Lettre ouverte au Président des Ivoiriens

Je ne puis dire par quel hasard,

Ou plutôt par quel fatal destin,

L’imposture a auprès de nous plus de crédit,

Que la vérité simple et nue

Casti

Entre nous

« Les Refondateurs et leurs alliés d’avril 1995 ont « mélangé » la Côte d’Ivoire. Partout, prospèrent les sifflements de vipères ! Ils ont détruit notre beau pays. La Côte d’Ivoire de Félix Houphouët-Boigny est infréquentable ! Comment et pourquoi a-t-on laissé les rênes du pouvoir entre les mains d’un « danseur » autocrate ! » C’est le refrain entonné par le gbrè de la plume de Konan à la Cour de Nzueba[1] et repris par tant d’autres penseurs, écrivains et dirigeants de notre pays. Ils oublient les racines du drame, amnésiques qu’ils sont !

 

D’abord m’exclamer pour, d’un trait de plume, faire le point, dire que la Côte d’Ivoire a tout connu depuis 1893 ! La rhétorique des fanions de Berlin ! La schizophrénie morbide de la coloniale ! L’irrationnel mouvement d’émancipation des territoires sous administration coloniale ! Le chantage à la démocratie et aux droits de l’homme ! Non, « la Côte d’Ivoire est une affaire trop sérieuse qui ne saurait être appréhendée au travers de discours partisans », moins encore à l’intérieur d’un « gouvernement de crabes, de serpents et de scorpions » pour ne pas citer Bertin Kadet. L’histoire de notre pays ressemblerait étrangement à l’histoire de peuples maudits pour paraphraser la « Mémoire à deux voix ». Mitterrand, sans concession, a fustigé, devant Wiesel, les victimistes du morbide mystère des grands peuples de l’antiquité, les templiers de cette sorte de malédiction fatale, de la guerre civile interminable. On trouve des traces de cette histoire sordide dans les écrits de Salluste et Tacite. Vous citez souvent César, Cicéron comme les derniers dépositaires de l’éthique politique de l’universel qui avait émergé de cette fange mystérieuse ! Le célèbre scribe du Pentateuque nous l’avait décrit avec ses mots bien étranges, nous en avaient indiqué la nature troublante. Certains des nôtres revendiquent ce belliqueux mystère comme l’unique expression de leur identité fondamentale et initiale. Malédiction adamique ! Sophistication de la prosopopée ! Violence athéologique et sanglot telquellien ! Lanzmann et Klarsfeld ont donc le droit absolu de vomir contre le lucide examen de conscience de Françoise Garaud ! La politologue du gaullisme historique, elle, elle n’a pas le droit de former une critique sur l’époque ! Telle est l’image que donnent, aujourd’hui par analogie, les terroirs ivoiriens scarifiés ! D’un côté les bons patriotes rebelles et de l’autre les factions rebelles radicales ! Devons-nous en être fiers ? Je ne sais pas. Je constate simplement que vous ne vous êtes pas encore suffisamment, en historien latiniste, pénétré de la vérité mélanodermique diopienne ! Il vous faudra relire Anta Diop et héritiers pour mettre des guillemets à la « Légion de César » et à la « Toge de Cicéron ». La Légion et la Toge, la violence légale légitime sont l’expression absolue de la violence absolue de Khéops et descendants. C’est ce que soutient aussi la sociologie de Max Weber ! La violence ne peut pas être démocratique ! Elle est. Le peuple est naturellement violent ! Rien donc de nouveau sous le soleil saharien d’Akhenaton ! Revisitez la sociologie de la Palabre du kalignon Godié et Bété !

 

J’entends d’ici votre réponse argumentée. Un beau et grand discours, même profond de sagesse, n’est plus suffisant. On y verra désormais de la roublardise et l’opportunisme politicien ! On voit bien que les fondations du discours politique ont été sérieusement affaiblies par la rhétorique littéraire et médiatique.

 

L’époque commande de poser des actes, responsables et irréversibles, des actes dont l’authentique dignité rejoint le sens commun ivoirien, booste fermement la Refondation morale et politique de la Côte d’Ivoire, réactive la cohérence du champ du « socialisme démocratique ». Ne plus caresser certains professionnels du désordre dans le sens du poils mais leur opposer la sécheresse et la rigueur de la loi. La loi juste ! La Mémoire de l’immense anthropologue de l’Odiokrou l’exige désormais de nous. La clarté de l’énoncé politique ne doit plus être en contradiction avec la loi juste. La loi politique c’est l’attente compréhensible de notre société. Mais pour cela, il faut avoir soldé complètement l’ensemble des contradictions liées, d’une manière ou d’une autre, à la « crise ivoiro-ivoirienne ». Le bon diagnostic vous y aidera ! Les maux dont souffre notre société écartelée et sévèrement atomisée par la rébellion sont certes l’infantilisme révolutionnaire[2] ; mais en même temps l’impossibilité du métissage civilisationnel de deux mondes strictement et fondamentalement différents. L’Occident orgueilleux et violent de ses certitudes racistes d’un côté et nos sociétés traditionnelles décérébrées par cinq cents ans d’amputation systématique de sa force de travail et de tous ceux et de toutes celles qui en étaient la sève de vie !

 

Nous devrions, pour en sortir définitivement, soumettre à la critique stricte cet écartèlement entre les travers mimétiques de l’abrégé colonial et notre sociologie portative, lire attentivement la curieuse lettre aux « Chers imposteurs » et aux  « Sorciers blancs », surtout donner du contenu ivoirien au diagnostic critique de la faillite des intellectuels pipolisés qui n’ont plus rien créé sinon que la répétition incohérente des concepts inadaptés aux déchirements du monde contemporain.

 

Sous nos yeux les maîtres autoproclamés du monde et leurs sages  - on dira catho-laïcs - se divisent sur la phraséologie du capitalisme, se contredisent sur la reformulation grossière de la mondialisation de l’économie de marché, tentent d’ériger le sacré démoniaque de l’Occident prédateur en valeurs de l’universel. D’aucuns parlent d’examen de conscience. D’autres y voient la tentative (tentation) d’atténuation de la même nausée ! Quant à moi, je parle volontiers de circonvolutions de « la mauvaise vie » des mêmes crapules ! Et l’on moque doucement dans les maisons de verre de Wall Street et du Conseil de sécurité de l’Onu les ubuesques apparats dorés des Rois Agni, des Nanan Baoulé, des kalignon Godié et des Dozo Sénoufo. On s’interroge avec insistance sur le « Verset et le Décalogue sataniques » ivoiriens ! On habille Paul pour mieux déshabiller Pierre ! Et qui paiera les pots cassés ? Sommes-nous amnésiques ? Le Gabon et la Guinée devraient nous réveiller de notre profond sommeil de la démission individuelle et collective.

 

Pour les catho-laïcs français et leurs obligés de Côte d’Ivoire, point de salut hors de leur logique par la prédation politique. Nous le suspections. Nous l’avons appris dans l’atroce douleur, l’horreur absolue des massacres génocidaires du Wê et de l’Ayaou. La barbare « crise ivoiro-ivoirienne » a confirmé toutes nos préconisations. L’Etat-nation, la France a, en Côte d’Ivoire, comme en Centrafrique[3] naguère, tenté un coup d’Etat. L’échec de ses barbouzes noirs s’est transformé en rébellion ethno-religieuse et politique, un nouveau type de guerre civile permanente. Les rebelles du Mpci et plus tard les groupuscules de diversion du Mjp et du Mpigo l’ont finalement reconnu dans leurs différents témoignages. Labertit a résumé le bras de fer entre le leadership ivoirien dont vous êtes le chef légitime et des Français imbus d’eux-mêmes ! Dr Guillaume Soro Kigbafori vient de citer la liste quasi complète de ceux qui l’ont fait rebelle et chef rebelle !

 

Nous connaissons donc les péripéties de l’argumentation illisible des colonnes infernales dont Dr Guillaume Soro Kigbafori s’est fait le porte-voix politique. Nous savons aussi la division au sein de cette rébellion manipulée et instrumentalisée. Les difficultés actuelles plongent leurs racines dans ce conflit de leadership des ego horriblement burlesques.

 

Nous parlerons en d’autres lieux et lorsque le moment sera propice des puissances manipulatrices et mystificatrices décrites par de nombreux littérateurs ivoiriens et étrangers. Confirmées partiellement, à Odienné, par Dr Guillaume Soro Kigbafori ! La plume épistolaire et la voix du Carnet de prison de Tony Oulaï n’ont point faibli malgré les brutalités. On lira avec intérêt les  différentes « lettres ouvertes » par Tony Oulaï à Ba Ki Moon, Secrétaire général de l’Onu pour se faire son opinion sur le leadership français autour de Chirac[4]. Aminata Traoré avait fini par interpeller les principaux prédateurs des nôtres dans une célèbre philippique « Lettre au Président des Français à propos de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique en général ». Agbohou et Mamadou Coulibali avaient aussi pris leurs responsabilités à partir de leurs expériences au cœur des institutions financières et monétaires sévissant en Côte d’Ivoire ; ils mirent à nu l’économisme darwinien ! Djéréké, Voho, Toualy et tant d’autres ont fait le point sur la « manipulation de l’ethnisme » théorisé par Noël Mammère dans « Noir procès »[5] ! Beau et Toscer ont fini par mettre le pied dans les latrines du crime concerté[6]. Le monde occidental voit la nausée mais se tait ! Kissinger et Mayor ont fermé le caquet ! Ils ne parlent plus avec emphase des lumières du « Prix Félix Houphouët-Boigny de la recherche de la Paix » ! Leur humaniste ivoirien – dans le Sanwi et le Guébié - avait bel et bien failli ! L’Union européenne de Sarkozy n’a toujours pas intimé l’ordre à leurs « tirailleurs » ou « harkis noirs » de quitter la Côte d’Ivoire. La Licorne et le 43e Bima paradent dans les rues d’Abidjan et partout dans les patelins ivoiriens. On y étripe du Noir ivoirien ! Besson et Hortefeux piègent et pourchassent jusqu’à la mort ceux et celles qui ont pu sortir de « l’enfer antisémite ivoirien » présumé ! Les médiats d’Europe occidentale jubilent aux pogromes des Noirs accrochés contre les barbelés de Ceuta, poussés au bulldozer dans les fosses communes dans le désert marocain. Et vous, que dites-vous par le « chiffon rouge » que l’on vous agiterait en politisant une histoire banale, un malheureux fait divers ! Que veulent démontrer ces dirigeants français de malheur ?  Cherchent-ils à créer une sorte de Sahara occidental dans le Nord ivoirien ? Projettent-ils un nouveau Timor oriental en Côte d’Ivoire ? Veulent-ils faire des terroirs des Sénoufos et Dyula le nouveau Kosovo africain ? Nous ne sommes pas loin des conditions de Chypre et de la Somalie occupées par leurs organisations apatrides ! Notre pays sera-t-il un Tibet sans bonzes ou la transposition du « Darfour nilotique et kouchite » ? Terre de nouveaux transferts de populations ! Je ne sais pas ! Je m’interroge ! Sur six millions d’enrôlés il y a plus d’un million de personnes sans identité légale !

 

Notre peuple est au pied du mur. Il doit choisir clairement et définitivement le chemin de son destin. Votre challenge d’homme d’Etat n’est-ce pas éclairer les Ivoiriens, démêler les turpitudes internes aux factions rebelles comme vous l’aviez esquissé avec les suiveurs de l’Udpci de Guéhi, faire entendre raison aux « forces asymétriques », faire en sorte qu’il n’y ait plus de marge insurrectionnelle et déstabilisatrice sur notre sol, mettre un terme à la « loubardisation »[7] de la vie publique ivoirienne ! Il vous appartient de décider de réconcilier les organisations politico-militaires des Forces Nouvelles, du Cri, de l’Unir et de tous ceux qui, pour des raisons diverses, pourraient être aveuglés par une nouvelle frustration irrationnelle. Il vous revient, par les responsabilités d’Etat qui sont les vôtres, de chercher et trouver une solution à l’exil intolérable des leaders de partis rebelles qui errent par les sentiers mercenaires d’Afrique occidentale ! Les derniers événements du Gabon et de Guinée somment à la vigilance stricte ! Certains de leurs affidés disent, pourtant, être entièrement réconciliés avec la République pendant que leurs chefs, la peur au ventre, vivotent dans l’incertitude totale ! Notre vie politique doit renoncer à Machiavel ; la division pour régner n’a plus de sens. Notre époque est un démenti catégorique de cette maxime tristement célèbre. Vous l’avez dit à « l’académie des savants ivoiriens » : l’Etat, la République et la Démocratie, voilà la voie de notre existence ! Toutes autres voies rendraient la Côte d’Ivoire ingouvernable. On le voit tous les jours ! Il suffit que telle ou telle corporation d’Etat ou fraction malhonnête de la société civile éternue pour que le fragile lien social se distende dangereusement ! On ne dénoncera pas assez vigoureusement les mouvements intempestifs des greffiers, des enseignants, des médecins et autres « wourou fato », « Dangadé, Foufafou, Babié » pour réécrire la poésie romanesque de l’enfant « sica » du Bettié.

 

Ceci m’amène à vous inviter à ouvrir des discussions et des négociations publiques additives à l’Accord politique de Ouagadougou (Apo). Je dis bien additives c’est à dire pragmatiques et non une nouvelle et hasardeuse synthèse. Les leaders des factions radicales sont devenus, contre leur gré, les faire-valoir de puissantes organisations catho-laïques. Coulibaly, Palenfo, Doué, Gahoudi et tous ceux qui refusent encore de réintégrer la République de Côte d’Ivoire doivent être associés activement au processus de pacification morale et politique. A côté des ralliements individuels, c’est dialoguer en confiance, circonscrire les griefs et désamorcer le vandalisme politique[8]. En Afrique et hors d’Afrique ! En Côte d’Ivoire et hors de Côte d’Ivoire !

 

Je serai le dernier à récuser votre désaccord. Je comprendrai votre protestation légitime : « J’ai signé un Accord politique dit de Ouagadougou avec le leader de tous les mouvements rebelles. Je ne vois pas pourquoi je devrais rediscuter avec des groupuscules dissidents à moins de discréditer l’autorité de leur leader et discréditer l’Accord qui a permis les avancées que nous savons. C’est à leurs leaders de les ramener à la Maison ivoire ». Oui, vous avez raison ! Mais, voilà leur leader historique est menacé quotidiennement ! Il a même échappé à un crapuleux assassinat ! Vous avez pris sa défense en réclamant les preuves de sa trahison présumée et les noms de ceux et celles qui avaient pu être trahis de bonne ou mauvaise foi ! Depuis, on ne disserte plus sur la trahison du « camarade rebelle » ! Je veux dire que le leader rebelle ne sait plus comment s’y prendre. Tout comme tous les autres d’ailleurs ! Son autorité est mise entre guillemets, fortement entamée, écornée. On peut affirmer qu’il n’a plus d’autorité même s’il dit, contre-productivement, se tenir à la « barre de ses troupes » et « ouvert au dialogue avec Ibrahim Koulibali IB » ! Non, ce n’est pas l’ouverture au dialogue mais le dialogue effectif. Le chef rebelle qui a courageusement intégré la République est de plus en plus une sorte de Sawimbi ivoirien en sursis ! Je ne lui souhaite pas la tragique aventure angolaise, même si les conclusions de la raison critique y aboutissent ! Et comme je pense que le sang ivoirien ne devra plus jamais être versé, il vous faut redéployer les moyens de la sagesse de notre nation pour aplanir les différends entre tous les rebelles. Aucun Ivoirien, même à « la nationalité douteuse », ne doit plus être « banni » de notre pays ! Sans réserve et sans ostracisme, ramenez à la maison tous les fils et filles égarés de la Côte d’Ivoire ! Il ne faut plus chercher à répondre à tel ou tel background stérile et maçonnique !

 

La politique c’est l’art de parler de ce qui peut irriter ses propres amis politiques, c’est aussi et surtout recréer les conditions de l’espérance de notre hymne national,  « rompre avec la raison de la civilisation artificielle, et faire appel aux forces profondes de l’homme » ivoirien, sortir des billevesées du pacifisme intéressé, construire et modéliser un humanisme nègre qui donne sens et cohérence à notre Ivoirité fondamentale qui n’est pas « l’ivoirité schizophrénique de N’zueba ». Notre vision du monde sera ouverte, non stigmatrice des particularités et des diversités constitutives de la beauté de l’humanité ivoirienne. Voilà le chemin, le projet à soumettre aux factions radicales, l’indépassable horizon de notre raison intuitive !

 

Des rebelles radicaux et inconscients n’ont probablement pas la même conception du futur de notre nation blessée et défigurée. Ils le disent publiquement ! Sous divers prétextes, Bouaké est toujours sous tension et sous contrôle de ces irascibles Siratigui ! On trouve un peu partout dans le Nord du pays des édifices dozofiés en concurrence avec les lieux officiels de l’Etat ivoirien. La leader du groupe parlementaire Fpi l’a déploré à Katiola. Les donneurs de leçons autoproclamés y ont vu le feu de la provocation gratuite comme si nous n’avions plus le droit de dire, sur la place publique et chez nous, nos émotions et notre indignation. D’une certaine façon, l’Etat de Côte d’Ivoire est comme pris en otage[9] ! Il nous faudra dégommer ces cercles tueurs par la force de la Palabre africaine : « c’est sous « l’Arbre à Palabre » que s’apprend l’exercice du pouvoir et en y allant, le chef se ressource dans la parole, se met en permanence au contact des vertus du Dialogue et de la réflexion concertée »[10] ! On me rétorquera certainement de savoir si nous avons les outils, les moyens matériels et immatériels ? Ma réponse est sans équivoque ! Nous les avons en nous-mêmes. Nous devons activer les ressorts de la confiance en nous, entre nous et notre peuple insulté et humilié selon le mot d’Aminata Traoré. Unis, nous vaincrons l’abracadabrantesque !!!! Issa Malick Gbon Coulibali imprégné de la sagesse de la Palabre du Poro Sénoufo a répondu à la troublante agitation de Moïse Ahmadou Gbon Coulibali à l’intérieur même de la Maison du Dieu des musulmans de Korhogo ! La guerre entre Ali et Josué, entre Juifs et Musulmans, n’aura pas lieu en Côte d’Ivoire ! Nous devons l’éviter !

 

Les mots de Césaire me viennent, comme une massue éclairante, quand je me confronte aux stupidités rebelles et pro-rebelles : « Je revois encore ces petits bourgeois de couleur et, très vite j’ai été choqué de constater chez eux une tendance fondamentale à singer l’Europe. Ils partageaient les mêmes préjugés que les Européens, ils montraient un snobisme que je trouvais très superficiel et qui m’irritait profondément. Comme j’étais timide, et même sauvage, je les fuyais. Tout ce monde ne m’intéressait pas ». Il faut de tout pour faire un monde !!! Nous connaissons la trajectoire sociale, culturelle et politique des rebelles ! Les « décembristes » en treillis et leurs clones « septembristes », non encore tout à fait sortis du « royaume d’enfance », ressemblent étrangement « aux petits bourgeois de couleur » décrits, dans les calanques noires de Basse Pointe, par le célèbre cri révolté, le Discours sur le colonialisme. Des fouineurs inspirés  avaient identifié les mêmes filiations chez les théoriciens et exécutants du putschisme ethno-national ! Les acteurs du coup d’Etat de décembre étaient issus de la bourgeoisie compradore ivoirienne. Les positions sociales perdues, la fin du clientélisme patrimonialiste, la condamnation à terme du népotisme des clans ont été les seules raisons rationnelles des désordres militaires de décembre. La crise ivoirienne est donc la résultante aboutie de la crise de l’alimentaire, de l’imitation, des snobismes, des mièvreries, de l’humiliant « y a bon banania », de l’inconscience c’est à dire l’incapacité à réfléchir, à examiner les distorsions des valeurs de la raison hellène, de la civilisation catho-laïque. Vaste programme ! On devrait relire « la carte d’identité », « l’archer Bassari » et « la politique du ventre » pour pénétrer la prosodie du « fouineur », du philosophe et du politologue pour enfin nous représenter notre lamentable démission. C’est tout ça qui fait désordre et nourrit la tragédie rebelle. Je sais que vous trouverez le mot d’apaisement d’autant que « l’on ne sort pas de la guerre comme on sort d’un gala ».

 

Vous me direz, du point de vue strictement pragmatique et preuves à l’appui, que les récents désordres et les humeurs « cupides » et farfelues des factions radicales sont peut-être les derniers soubresauts d’une rébellion à bout de souffle. Le Président Affi Nguessan a séjourné sans protection particulière dans le Nord assiégé ! De nombreux leaders d’opinion de différentes familles politiques y circulent librement ! Vous-même, vous y avez été reçu, déjà à plusieurs reprises, par les populations. L’Administration d’Etat s’y est déployée ! Des institutions nationales et internationales y travaillent.

 

Même si je vous entends, sur ces acquis importants, on voit bien que le feu couve sous la cendre ! Le « je suis à la barre de mes troupes » et la longue logorrhée « indéchiffrable » de Dr Guillaume Soro Kigbafori devraient vous rendre plus soucieux et plus vigilant. La psychologie de Moïse Ahmadou Gbon Coulibali déféquant dans un lieu de culte musulman à Korhogo le jour saint de la Tabaski et l’interdiction faite à Coulibaly Gervais de circuler librement sont autant de situations cauchemardesques !

 

L’existence de factions radicales rebelles est une réelle menace contre la paix et l’Accord politique de Ouagadougou. C’est même l’histoire récente du pays. Les agitations politico-sociales occupent les esprits. Des Ivoiriens appellent à des mouvements d’insubordination. On défie l’autorité d’Etat. On paralyse l’école, l’hôpital et les greffes. On parle comme les forces vives de Guinée ! On cherche un leader capable d’incarner l’autorité de l’Etat. Dossongui qui a rejoint la majorité présidentielle (Lmp) explique même que si un officier supérieur de l’armée avait pris la direction de la rébellion, cela aurait changé le cours de l’histoire de la Côte d’Ivoire. Est-on en train de chercher le bon cheval pour remettre le désordre selon le mot de Wodié ? Pendant qu’on cherche l’oiseau rare, la Commission électorale indépendante (Cei) du Président Mambé a créé des millions d’exclus ou à « nationalité douteuse » ! Les forces du malheur et de la « catastrophe » demandent au Président de la République de Côte d’Ivoire de brader nos valeurs et nos lois. Le ferez-vous ?

 

Les circonstances qui ont conduit à la crise sont reproduites à l’identique[11]. L’Accord politique de Ouagadougou serait à son point d’achèvement si l’on s’en tient au dernier Cadre permanent de concertation (Cpc). C’est ce que vous dites aussi ! Cependant, deux écueils et non des moindres subsistent : la citoyenneté douteuse de centaines de milliers d’enrôlés, le désarmement effectif des rebelles et des groupes d’auto-défense avant le scrutin électoral lui-même[12]. Les esprits malintentionnés tentent de créer un climat délétère dans votre entourage immédiat. On fait faire maintenant des enquêtes par la Cpi sur l’affaire Kieffer, un malheureux et banal fait divers[13]. On pousse au chaos social et au soulèvement populaire. On cherche comme en Guinée Conakry l’alibi des brutalités militaires ou policières. C’est pitoyable direz-vous ! Mais la vérité de notre histoire, la vraie, celle qui n’est pas dans les livres ! Je sais que le chemin sera long pour faire aboutir le travail de maturation de l’ambitieux projet commencé par Garvey et porté par Nkrumah, Diop, Biko, Césaire et tant d’autres … La conscience nègre accomplira forcément sa mutation poétique et politique.

 

Toutefois, on peut dire qu’il y a comme une sorte de trêve le temps d’entonner le chant du cygne ! Le nouvel épisode du crime de Palaka ! La  prophétie de Sidjè, la Cassandre noire ! Faut-il vous rappeler que l’on avait eu la même trêve pendant et après le fameux Forum de la réconciliation nationale. Les discussions avec les partis politiques représentés à l’Assemblée nationale avaient abouti à un accord politique dit des quatre grands et la formation d’un gouvernement de large ouverture.  Malgré les précédents accords politiques de septembre 2000 et janvier 2002, le forum de la réconciliation, le gouvernement de large ouverture, les « conférences entre les quatre grands » comme on disait à l’époque, il y a eu des Ivoiriens pour prendre les armes contre leur pays. Leurs leaders et mentors ont ordonné les assassinats politiques et les génocides du Wê et de l’Ayaou. Le Pr Emile Boga Doudou ministre d’Etat en charge de l’Intérieur, le Gal Robert Guéhi, ancien Chef de l’Etat ivoirien perdront la vie. Beaucoup d’Ivoiriens de qualité y laisseront leur peau. Paix à leurs cendres ! Nous avons pardonné ! Nous n’avons pas exigé un tribunal ad hoc. Nous connaissions pourtant la jurisprudence de Nuremberg ! Nous avons opté pour l’Accord politique interivoirien de Ouagadougou (Apo). Mais cet Accord politique de Ouagadougou a-t-il enseigné comment dépasser, par le bulletin de vote, les souffrances refoulées[14] ?

 

Une partie des rebelles gouvernent avec vous pendant que l’autre complote contre la Côte d’Ivoire et contre les Ivoiriens! Les mêmes situations produisent souvent les mêmes drames. Les problèmes différés ou mal réglés conduisent toujours à des résultats désagréables. Je crois que vous devriez y réfléchir sérieusement et trouver une solution responsable aux revendications irrationnelles de ces factions radicales. Cela veut dire qu’il y a lieu de reprendre le catalogue incendiaire pour éteindre vraiment le brûlot ivoirien ! Les transferts massifs de populations sahéliennes décrits par Amadou Koné, par Samba Diarra et Konan Bédié et tous les autres analystes dont des associations burkinabé, le déséquilibre du socle sociologique et démographique de la Côte d’Ivoire ne doivent plus être la ligne Maginot, le principe ontologique des blocages contre-productifs. On devra prendre en compte l’existence politique de ces migrations venues de pays voisins en vue d’affiner la critique déconstructive du système, pallier les errements du « complot de jactance » des « loubards » de Félix Houphouët-Boigny. Les rafles et les nettoyages xénophobes[15] doivent être réellement proscrits en Côte d’Ivoire. A la poudrière de l’Ivoirité schizophrénique de Nzueba, Abo vient de confirmer, par le roman certes tragique et malhonnête, ce que nous ne nous avouons toujours pas : « Contre vents et marées, des personnalités trempées jusqu’au cou dans de vastes escroqueries, d’énormes détournements de deniers et des scandales aussi déplorables que retentissants sont maintenus à leurs postes ou appelées à de plus hautes fonctions ». Mettre donc les pendules, toutes les pendules à la même heure ivoirienne ! La réconciliation et la paix ne doivent pas être une simple poétique cafardeuse, prête à incendier et à recourir à la justice expéditive de « l’archer Bassari » ! L’embastillement « conservatoire » des dirigeants de la filière café cacao, s’il est compréhensible en soi, ne cadre pas avec l’époque. Le pardon doit être sincère, total et définitif. Il doit tout effacer ! Comment peut-on prendre une loi d’amnistie pour réintégrer ceux et celles qui ont ôté la vie à leurs concitoyens et envoyer croupir en prison de malheureux voleurs ? Quel sens de la raison et de la mesure avons-nous ? Ce n’est pas ça l’impunité ! Si nous avons effacé les crimes de sang et autres crimes collatéraux, nous devrions être aussi forts mentalement et psychologiquement pour pardonner aux voleurs qui prenaient les biens de tous pendant que le pays était déchiré, déchiqueté et en lambeaux ! Vous l’avez dit vous même ! Nos juridictions doivent savoir appliquer des « sanctions pénales » qui ne conduisent pas forcément en prison mais qui marquent clairement qu’une faute a été commise et qu’elle doit être publique et réparée par d’autres voies que celles de l’humiliation atroce de la prison. 

 

La stigmatisation des marginaux à col blanc et des factions radicales rebelles ne doit plus être[16]. Le soupçon récurrent de ce que certaines personnes pourraient ne pas être ivoiriennes ou des personnes indélicates est, me semble-t-il, un non-sens depuis les Accords de Pretoria. Je me trompe peut-être ! Mais à partir du moment où Dr Dramane Allassane Ouattara est Ivoirien, tous les étrangers de Côte d’Ivoire sont, de droit, Ivoiriens. Il ne doit plus exister en notre pays, du moins dans les conditions historiques d’aujourd’hui, des  « fraudeurs » ou des indélicats ! Ce n’est pas du laxisme mais le bon sens juridique arrimé à la signature souveraine de l’Etat de Côte d’Ivoire. Sacré principe de continuité de l’Etat ! Si nos devanciers ont fait des fautes, il nous appartient de les assumer, de nous donner les moyens, tous les moyens justes de les réparer ! Continuité des formes et des métaphysiques ! On ne peut pas dire que Dr Dramane Allassane Ouattara est Ivoirien et éligible en Côte d’Ivoire malgré l’Arrêt du Conseil constitutionnel du 6 octobre 2000 et trouver en 2009 des personnes physiques en Côte d’Ivoire qui ne pourraient pas être ivoiriennes ou qui tomberaient sous le coup de la dureté de la loi pénale ! Dans ces conditions juridiques, judiciaires et politiques, on comprendra que l’élection à la plus haute magistrature ne résoudra rien. Tout le monde le sait ! A moins de porter au pouvoir un véritable tueur à gage, les élections préconisées sont un effroyable mensonge, un déni de la pensée politique efficiente[17].

 

Il eût été plus judicieux de sortir de la crise pour ensuite, dans la sérénité et avec patience, démêler le capharnaüm social et politique des délits financiers et autres. Poursuivre plusieurs lièvres à la fois, on finit toujours par n’en attraper aucun ! On augmente même les risques d’accidents mortels ! D’ailleurs, Raphaël Gnabré se répand partout, vous accusant d’avoir biffé les terroirs Dida et Godié de Lakota. Gazo Gaza applaudit ! Zéhi se tait. Lida rase les murs ! C’est quand même curieux ! On ne vous a toujours pas vu à Niambézaria[18] en visite d’Etat. Les terroirs du Néko et du Tigrou ont pourtant chèrement payé leur tribut à la Côte d’Ivoire ! Chaque chose en son temps me direz-vous !

 

En même temps, vous pouvez vous saisir de ce vent « rectificatif » pour mettre autour de la même table de l’authentique Palabre africaine, rebelles loyaux et rebelles radicaux fâchés entre eux ! Vous avez certes coupé la tête du serpent, vous n’avez pas nettoyé le terrier de la Licorne et du 43e Bima. C’est ça qui fait problème ! C’est ce qui excite les Occidentalistes ivoiriens d’Adou Touré, ils aiment la France contre les terroirs chauves et passablement verdoyants des Monts Soiena décrits naguère par Grainville !

 

Notre réponse politique depuis le début a été insuffisante puisque la Côte d’Ivoire et les Ivoiriens sont au banc de la société internationale. Certains d’entre nous sont nommément interdits de sortir du pays. Comme à Gaza ! Comme en Cis-Jordanie ! La Côte d’Ivoire est en passe de devenir la Palestine musulmane d’Afrique ! La Côte d’Ivoire abrite-t-elle, symboliquement, « les religions meurtrières » décrites par Barnavi ? Notre pays est-il le nouveau réceptacle du totalitarisme fasciste arendtien ? La théorie du « détail de l’histoire » serait-elle un trait identitaire ivoirien ? Exagération me dira-t-on ! Chiche ! Quel sens devrions-nous donner au massif déploiement des « Tirailleurs » ou « harkis noirs »[19] des puissances « mondiales » ? Je veux dire que l’on organise des « élections propres » dans les territoires palestiniens et la décision politique qui régit la vie quotidienne des Gazaouis se prend à Tel-Aviv et Bruxelles. Est-ce de cette démocratie-là que nous voulons ? Devons-nous faire des « élections propres » à Yamoussoukro et nous soumettre à la décision de Ouagadougou, de Paris et de Syrte si je m’en tiens à la critique tordue et éléphantesque c’est à dire monstrueuse de Bernard Doza ? Sous cet angle, l’Accord politique de Ouagadougou pourrait avoir mis en mouvement un véritable brandon palestinien en Côte d’Ivoire ! Il faut éteindre cet incendie qui couve ! Notre peuple n’est plus disposé que « l’Occident parade et s’amuse à donner des leçons », à enseigner ou dicter ses « valeurs » et « volontés » dont nous connaissons trop bien les fondements arbitraires[20] !

 

La question morale et éthique qui sous-tend tous les désordres politiques et militaires ou rebelles de Côte d’Ivoire reste presque en l’état : l’exclusion, la stigmatisation, la discrimination et leur cortège de frustrations irrationnelles, le soupçon de la pensée névrotique du Bien et du Mal, etc... L’arrangement politique de Ouagadougou semble avoir exclu les factions radicales rebelles et tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, pouvaient avoir été coupables ou présumés coupables de crimes contre la Côte d’Ivoire ou contre l’humanité ivoirienne. Il stigmatiserait ses détracteurs et la verdeur critique, voire l’expression démocratique. Je l’ai écrit plus haut. On dit : « mais ils peuvent toujours prendre le train même en marche » au risque de le manquer et se casser la gueule ! La visite de la Cour pénale internationale, la nouvelle Sainte Inquisition en fait foi. Cette institution catho-laïque se serait auto-saisie des actes juridiques échappant au nantissement judiciaire - actes signés par l’Etat de Côte d’Ivoire. Un juge français viscéralement malhonnête selon le mot de Tony Oulaï et d’un certain Gossé y a ajouté le subterfuge du crime antisémite ! Les nombreuses amnisties n’ont pas effacé le crime de guerre, le crime économique et le crime contre l’humanité ivoirienne. Du coup, tous ceux, à tort ou à raison, qui craignent pour leur vie, peuvent toujours être tentés par la violence extrême. Ne sont-ils pas en droit de s’organiser, se donner les moyens théoriques, politiques et militaires ad hoc ? L’Unir en est la première manifestation ! Le Cri aussi ! Le funeste projet de la terreur révélé par Koné Adama de retour d’Israël en est encore la preuve irréfutable. C’est le cas du Gal Doué qui semble avoir conspiré contre l’Etat de Côte d’Ivoire dans les événements de novembre 2004 alors qu’il en était le premier Centurion. C’est aussi le cas de Coulibaly qui a revendiqué les assassinats du Gal Robert Guéhi et du Pr Emile Boga Doudou. Il a revendiqué le recrutement des rebelles et leur présentation aux autorités éminentes du Burkina Faso ! Mythomanie disons-nous ! Pourtant, il dit avoir dirigé les opérations de guerre contre la Côte d’Ivoire depuis Ouagadougou et Bouaké, que c’est la prise et le contrôle de la radio et de la télévision par les loyalistes qui avaient fait capoter son projet funeste. Il a décrit tout le long et patient processus qui a abouti à la destruction partielle de la Côte d’Ivoire et les massacres génocidaires du Wê et de l’Ayaou. Il continue de défier l’Etat de Côte d’Ivoire et la curieuse communauté internationale arrimée à la volonté des « Croisés » américains ! Si comme je le pense, les factions radicales sont une menace réelle, il nous appartient et vous en premier de faire le pas décisif pour désarmer idéologiquement et psychologiquement ces factions-là.

 

Le monde entier a vécu en direct les deux déclarations de guerre à la Côte d’Ivoire de mars et novembre 2004. Les réseaux et officines hérités de la politique de l’expansion coloniale ont tenté de reproduire le Rwanda en notre pays ! La vérité vraie s’est imposée aux théoriciens de la prosopopée. Il n’y a pas eu de Shoah contre les Musulmans, contre les Dioula, contre les Sénoufo, contre le Nord. Nuremberg ou la funeste théorie du complot ethno-religieux a montré ses lacunes en Côte d’Ivoire. L’alibi du crime d’Etat a donc définitivement échoué ! La prosopopée des abus et du devoir de Mémoire s’est d’elle-même dévoyée en Côte d’Ivoire ! La manipulation de l’ethnisme n’a pas pris en Côte d’Ivoire ! L’enfant du Morofê, par exemple, devenu Premier ministre par la « méthodologie Obasanjo » le sait ! L’instrumentalisation du fait religieux n’a pas fait long feu en dehors des « milieux fanatiques traditionnels » ! Le monde entier sait que la Côte d’Ivoire a été victime de la poudrière identitaire construite par Prévention génocides d’Israël W. Charni, Kouchner, Scheuer et la Justice belge ! Les « coulisses du conflit ivoirien » de Labertit ont décrit les réseaux crapules au sommet de l’Etat français, à l’intérieur des institutions européennes et les relais philosémites de Besson. Jack Lang, Kouchner, Tasca, Le Fol, Assouline, Houzel, Bloche et la liste des signataires de l’Appel de Le Nouvel Observateur complètent le tableau des faux-culs. Socialistes judas ! La défaite de la pensée occidentale quoi ! L’erreur de l’Occident comme l’aurait écrit Soljenitsyne, le lecteur assidu de la Pravda des quarante mille proverbes russes ! Nous avons donc assisté à la stratégie des pyromanes pompiers. Ils nous affichaient péremptoirement leur amitié politique mais en réalité ils étaient, dans leurs loges, nos pires ennemis ! C’est ce que confirme, avec ses mots, Koné Adama : « Nous avons senti à un moment donné que Soro ne faisait plus notre affaire parce qu’il déviait le sens de la lutte que nous menions. Or, dans les règles que nous nous sommes fixées, le salaire de la trahison, c’est la mort. Donc sur cette base, notre groupe est passé à l’acte le 12 juin 2006 et c’est dans cette attaque que Kass a trouvé la mort. Et depuis ce jour, il y a eu la chasse à l’homme par les gens de Soro Guillaume. C’est ainsi que nous avons trouvé refuge en Israël. Mais les choses n’ont pas bien tourné pour nous puisque faute de papiers, les gens nous ont rapatriés dare dare ». Des groupes mafieux, bien organisés aux sommets des Etats puissants dont l’Etat hébreu d’Israël, ont tenté de mettre la main sur la Côte d’Ivoire. Leur coup a foiré. Ils ont planqué leurs p’tits gars à Tel-Aviv avant de s’en débarrasser, « dare dare », avec l’accalmie et la promotion d’Etat de Dr Guillaume Soro Kigbafori ! Si ce n’est pas le cas, on devra répondre à cette question maladroite : comment des rebelles musulmans présumés ont-ils pu, armes aux poings, entrer en Israël ? Comment le puissant Mossad et la Team K ont-ils pu être laxistes ? Il est clair que Koné Adama a beaucoup à  raconter sur les réseaux rebelles ivoiriens qui aboutissent en Israël ! Les « décembristes » devront tôt ou tard dire les complicités juives du restaurant de Verneuil l’Etang ! En même temps le « vieux Juif » et ses ayant-droit devront motiver leur curieuse participation à une organisation terroriste. On ne peut pas accuser les Ivoiriens d’être antifrançais, voire antisémites et découvrir que ce sont des Juifs français qui ont orchestré, l’origine, la destruction massive de la vie humaine en leur pays[21]. Le bas instinct de l’homme est commun à toute l’humanité. C’est même le seul patrimoine que nous ayons en commun avec les maîtres autoproclamés du monde. Montaigne, Montesquieu, Hugo, Tocqueville, Wiesel, Lefeuvre, Bruckner, Guaino, etc., pensent qu’ils sont les seuls à maîtriser l’art de l’obscurité des Lumières laïques[22]. Le désordre communautaire français en témoigne[23].

 

Au total, si on n’y apporte pas la bonne réponse, les vandales catho-laïcs et leurs baudets ivoiriens se saisiront de notre moindre défaillance pour  reproduire les souffrances atroces des Ivoiriens. En incluant pas, par la Palabre africaine, les factions radicales rebelles, le processus de l’Accord de Ouagadougou réactivera par lui-même les germes de la prochaine catastrophe. La crise actuelle qui ne finit pas de s’éteindre est partie d’un mensonge : la manipulation de l’ethnisme. Elle peut toujours se réactiver sur le même mensonge ! D’ailleurs, les voix se sont levées pour dire ce que j’ai écrit plus haut. Dr Dramane Allassane Ouattara est Ivoirien ! Au nom de quel droit alors d’autres étrangers mêmes authentiques ne seraient-ils pas aussi citoyens  ivoiriens ? Contre une telle certitude, que peut-on leur opposer ? Leur donner des papiers ivoiriens ! Koulibaly, l’actuel « dauphin constitutionnel » soutient cette solution. Tout comme le poète psychologue ivoirien ! Ne  parle-t-on pas déjà, pour tous ces malheureux cas, de discrimination et d’exclusion ? Que Coulibaly alias IB soutienne, par le mensonge, qu’il est exclu ou discriminé, peu importe ! Que Doué et d’autres persistent, par le mensonge, qu’ils sont discriminés ou que l’Etat de Côte d’Ivoire est un Etat fasciste, peu importe ! L’existence de centaines de milliers d’authentiques sans-papiers ivoiriens constitue un permis de guerre civile ! Si donc des Ivoiriens qui vous sont proches par la filiation politique et biologique ne sont pas sur les fichiers historiques, comment pourrait-on douter de la citoyenneté des millions d’autres qui ne sont pas sur ces mêmes fichiers historiques ? Vous avez coupé court à cette polémique en expliquant que tous ceux qui avaient été enrôlés sont Ivoiriens de plein droit. Il suffisait donc d’être enrôlé pour être Ivoirien même si on ne l’était pas ! L’enrôlement devenait donc un banal recensement de la population ! Kabako ! Pourquoi parle-t-on encore de contentieux pour tous ceux qui étaient enrôlés ? Si on suit bien la logique actuelle autour de la liste électorale propre, les « nationalistes ivoiriens » sont, en ce qui les concerne, fondés en droit à prendre les armes contre l’Etat de Côte d’Ivoire ou contre les fraudeurs à la nationalité ivoirienne ! Et comme les « nationalistes ivoiriens » seront étiquetés fascistes et xénophobes, les factions rebelles et leurs alliés politiques utiliseront cet argument prétexte dit de « l’ivoirité » pour mettre à nouveau à feu et à sang la Côte d’Ivoire. Que pouvons-nous faire contre la volonté morbide de tels individus ? La guerre ? Nous l’avons bannie de notre vision de la vie. C’est l’enseignement cardinal de la Palabre africaine ! Il ne nous reste que la recherche du dialogue et de l’accord politique responsable - avec eux, avec leurs partisans et leurs mentors fourbes. C’est la vérité naturelle du Traité de Paix et d’Amitié entre le Burkina et la Côte d’Ivoire ! Si par malheur, il y avait encore un soupçon xénophobe en notre pays, le Burkina Faso  ne serait-il pas fondé à rompre le Traité de Paix et d’Amitié ? Il faut pallier à toutes les éventualités. Le Burkina Faso doit cesser d’accueillir ou de « garder » des chefs rebelles comme c’est le cas de Koné Zakaria ! Les Etats de la Cedeao ne doivent plus entretenir sur leur sol des agresseurs potentiels et déclarés de la Côte d’Ivoire ! Tout comme la Côte d’Ivoire d’ailleurs !

 

La démocratie athénienne et romaine triomphante nous a fait perdre nos repères, surtout la gestion de la complexité des postures radicales et irrationnelles. Melodouman l’a pourtant dit au Commandant Kakatika ! L’archer Bassari l’a enseigné aux Ivoiriens longtemps avant la tragédie ! Pourquoi avons-nous été aveugles en n’exigeant pas la paix des braves entre les leaders des différentes factions rebelles ? Malédiction ontologique permanente ! Nous n’avons rien fait pendant plus d’un demi-siècle pour nous affranchir de la raison eschatologique de la « piètre pensée » selon le mot de Dominique Lecourt. Nous n’avons pas lu attentivement L’Enquête réactionnaire de Lindenberg. Nous avons palabré, comme toujours, contre les livres de Dumont, Péan et autres, etc… Nous n’avons pas tiré les leçons idoines de l’essai anthropologique de Bayart et Verschave. Nous avons applaudi au catalogue mémoriel du « rôle positif de la colonisation » ! Sarkozy a fini par nous dire que nous n’avions d’identité que bien-meuble c’est à dire esclave ! Nos problèmes sont pour beaucoup liés à cette histoire non encore soldée. J’aurais tendance à vous poser une question simple : quelle valeur « impactuelle » peut avoir un Accord, fut-il politique et génial, si ceux pour lesquels il est signé n’en saisissent pas les subtilités morales, idéales et éthiques ? Mettre à plat tous les problèmes, voilà l’urgence de l’impératif catégorique ! Il faudra de toutes les façons refonder la Côte d’Ivoire ! Pour cela, il conviendra de rendre la parole fondatrice et refondatrice par les états généraux de la Palabre africaine, sortir enfin des carcans des « réseaux et des officines », éradiquer les foyers visibles et invisibles du crime politique organisé.

 

D’aucuns soutiennent  l’idée selon laquelle, vous chercheriez à vous maintenir au pouvoir par un « constitutionnalisme » débridé, par un semblant de calme et d’acquis significatifs dans le processus de réunification du territoire, du désarmement des ex-combattants et groupes d’autodéfense ou de la construction d’une nouvelle armée républicaine, de l’organisation d’élections transparentes et démocratiques  : « Tant que Soro sera tiraillé entre rebelles patriotes et rebelles radicaux, ce sera du pain béni pour Gbagbo ». On est en plein délire de « gouvernement des crabes, des serpents et des scorpions » selon le mot de Kadet ! Paralysie de l’expression populaire et citoyenne de la démocratie alors que le front social est plus que jamais actif ! Flavien Traoré se voit grand leader syndicaliste ! Dysfonctionnements graves dans tous les secteurs de la vie sociale totale ! Peut-on tenir une telle posture politique et morale longtemps sans être qualifié de monstre ? Je ne sais pas répondre à cette question. Cette monstruosité est, il est vrai, une déterminité de l’acte d’Etat ; elle permet de sous-louer à des ombres politiques, notre Mémoire féroce !

 

J’entends d’ici vos griots et vos dithyrambes : « la primature de Diarra et Banny n’a pas été capable de ramener le calme. Leur politique médiatrice a aiguisé les tensions. Le leader des rebelles est mortellement contesté ! Il ne réussit pas à éteindre le feu qui couve dans les lieux de cantonnements ! Seul, le Woudi de Mama a réussi à Lomé et à Ouagadougou à redonner espoir aux Ivoiriens, à réintégrer dans la République et la Côte d’Ivoire une grande partie des rebelles ! » Je refuse à penser que vous avez eu cette interprétation stupide de la fonction éminente qui est la vôtre. Si votre bilan est « globalement positif », le fragile édifice peut s’écrouler à tout moment ! Vous devez donc mettre fin, en homme politique pragmatique, au cynisme ontologique de la nouvelle situation ! Surtout, selon moi, répondre à la question de savoir s’il faut « continuer l’histoire » de « l’Afrique de Sarkozy » ou chercher, dans le cas de la Côte d’Ivoire, une voie originale pour déployer l’identité initiale de nos « savoirs et connaissances ». J’insiste sur ce point. L’Osageyfo ivoirien doit pouvoir rompre, sans sourciller, les sangles négrières de l’Etat catho-laïc français ! On a certes brûlé des armes ! Des armes continuent de circuler ! On a déployé l’administration d’Etat ! Des services administratifs et militaires rebelles prospèrent, etc… La colère est palpable ! Il est clair, au moment où j’écris ces lignes, que Dr Guillaume Soro Kigbafori est incapable de ramener, tout seul, tous les rebelles ivoiriens à la maison. Il comprend maintenant avec d’autres le difficile métier de leader politique et d’homme d’Etat !

 

L’Accord politique de Ouagadougou semble avoir montré ses limites. Il porte ontologiquement les traits qui discriminent les factions rebelles radicales autour de Coulibali IB et d’autres. Malgré l’accalmie que nous connaissons ! Malgré les communiqués illisibles de l’Unir, les protestations de Gahoudi et le silence bavard du Gal Doué ! La pacification des factions rebelles radicales évitera, définitivement, de nouvelles barbaries que réprouvent notre culture, nos us et coutumes, nos traditions de l’hospitalité et de la tolérance absolue !

 

Il est désormais urgent que vous preniez la décision éminemment politique de « réconcilier les amis d’hier » pour la quiétude des Ivoiriens et de la Côte d’Ivoire. C’est l’essence primordiale de votre « job » comme dirait l’autre! Il faut réconcilier les différentes factions rebelles désormais loyales à la République et leurs exclus présumés. Pour ce faire, il vous faut utiliser la jurisprudence Mandela décrite par Touraine débattant avec Ségolène : « Ici c’est sans aucun doute la démarche de Mandela, imitée sous des formes diverses dans beaucoup de pays dont le Chili, qui a donné un exemple, qui contredit la méthode traditionnelle de répression du tribunal de Nuremberg, la recherche de l’aveu des crimes par le coupable, en cherchant à créer un sentiment de responsabilité des coupables face à la population ». Fort de cette démarche, il vous faudra pardonner à ceux qui ont conçu, en dehors du coup d’Etat du 19 septembre 2002, le sombre dessein d’attenter à votre vie. Vous pourriez aller chercher Doué, Coulibali IB et Zakaria pour les ramener avec vous à la maison. Houphouet l’avait fait pour Dioulo ! Vous pouvez le faire pour Doué, pour Coulibali IB, pour Zakaria ! Cela constituerait un acte majeur et un autre niveau du dialogue direct, restaurant définitivement la confiance entre tous les Ivoiriens. Nous sommes tous frères et soeurs. Quand on est le premier des citoyens d’une nation en souffrance, on doit pouvoir poser de tels actes ! N’est-ce pas le sens primordial du sacrifice politique au service de l’Etat républicain ?

 

En agissant ainsi, vous enlèveriez tout prétexte aux factions violentes qui pourraient considérer que les élections n’auraient pas été « transparentes » ou que le gagnant qui ne serait pas leur choix serait forcément un tribaliste, un fasciste, etc... Les factions rebelles radicales non encore pacifiées hypothèquent a priori gravement l’application totale de l’Accord politique de Ouagadougou !

 

La grande force de l’homme d’Etat c’est justement de gérer, pour l’intérêt général, les contradictions les plus délicates et les plus sensibles. Vous pouvez le faire maintenant pour éviter que ces factions rebelles radicales manifestement inconscientes ne s’invitent tragiquement dans le processus démocratique.

 

La valeur réparatrice des élections politiques m’est impénétrable. Pendant plus de quarante ans, il y a eu des élections monolithiques et plurielles. Nous nous sommes néanmoins réveillés avec un hideux putsch militaire. Nous avons eu la violence de décembre 2000. Nous avons enregistré la barbarie de janvier 2001. Nous avons eu le 19 septembre 2002 et les massacres génocidaires du Wê et de l’Ayaou. Nous avions l’horreur absolue du Guébié et les massacres du Sanwi. Si des élections politiques avaient été une solution aux contradictions qui traversent la Côte d’Ivoire, cela se saurait !

 

Je refuse de m’entendre dire un jour qu’un Ivoirien aurait souffert les propos saugrenus du chanoine de Neuilly : « Entre ici imbécile et tais-toi Gbagbo ! » comme dans le roman maçonnique de Léotard. Il faudra tout faire pour éviter à notre pays l’ignoble fierté rwandaise décrite, en silence, par Léotard et Saint Exupéry ! L’Etat de Côte d’Ivoire doit retenir et appliquer à la lettre l’axiomatique de l’impératif catégorique énoncé par Barnavi c’est à dire « tracer d’une main ferme la frontière entre ce qui est permis et ce qui ne l’est pas, entre ce que nous sommes prêts à accepter et ce que nous refusons au nom de nos valeurs ». Mais pour cela il faut ramener à la maison tous les enfants égarés de notre Patrie commune. C’est la leçon que je tire de notre longue méshistoire ! Nous devons dire à notre partie sombre que c’est fini le temps de la sclérose négrière ! Nous devons dire à nos « amis historiques » que nous appliquerons dorénavant, chez nous, nos valeurs, nos us, nos traditions !

 

Nous sommes un peuple fort de son identité initiale. Nous sommes une nation en cohérence avec elle-même et en cohérence avec tous les principes idéels et universels. Nous sommes encore plus forts que tous les négriers lorsque nous aurons lu, acclimaté et intégré à notre propre verbatim national ces mots féroces de vérité de Cassin et retranscrits par Marc Agi : «Lorsque tous ses fils sont prêts à s'accrocher jusqu'à la mort à la terre, à la terre antique et sainte où leur religion a leur berceau, lorsqu'ils sont animés d'un grand idéal et prêts à rajeunir la vieille terre et à unir dans une même cité et le même respect de toutes les religions et convictions, la Jérusalem ancienne et la moderne, eh bien! un peuple comme celui-là est invincible. Toutes les considérations politiques, toutes les divergences et méfiances des puissances, tous les intérêts à courte vue, toutes les violations du droit international pourront retarder l'heure de la vérité et de la paix, mais ne les arrêteront pas... A moins d'un cataclysme mondial irrémédiable qui engloutisse continents et civilisations ». Vous agirez donc parce que vous savez que les Ivoiriens ont compris, tout compris. D’une main ferme, vous rappellerez toujours et partout que nos valeurs ne sont pas, ne sont plus négociables. Nous mourons pour elles ! Comme Cassin ! Comme Barnavi ! Comme les Croisés catho-laïcs ! Attali utilise le mot barbare de conversos ! Comme tous ceux qui ânonnent que : « l’antiaméricanisme est une métaphore de l’antisémitisme ». La « pensée unique » et « uniforme » est morte dans la savane Sénoufo des « monts Soïena » incendiés autrefois par les ascendants de Grainville ! C’est le sens que nous tirerons de l’héritage des « renégats » de Sidjè !

 

Je vous le dis comme je le pense. Nous connaissons, grâce à votre courage éclairé et serein, les sources du long malheur de la Côte d’Ivoire et des Ivoiriens. Grâce à vous, nous avons compris le drame rwandais ! Nous connaissons le mode opératoire de la cinquième colonne de la Françafrique ! Faut-il encore donner des raisons et les moyens aux violents et aux ennemis de la Côte d’Ivoire pour endeuiller inutilement les Ivoiriens ? C’est la faute morale et politique qu’il ne faudra pas répéter. Démêlez les contradictions factices, débridez les ego surréalistes et ramenez à la maison commune tous les enfants « gâtés » de notre nation en souffrance. C’est l’unique sens de cette lettre.

 

Amitiés politiques fondamentales !

 

Lettê Na Lettê

 

 



[1] On trouvera une délimitation complète de Nzueba dans Les chemins de ma vie de l’écrivain ivoirien Henri Konan Bédié.

[2] Je tire cette conclusion de  témoignages frondeurs et rebelles.  Les certitudes générationnelles et tribalistes de Tohou, le guevarisme scolaire et émerveillé de  Doumbia, les sifflements séditieux de Guirao et de Kobena Anaky en sont les dernières manifestations publiques.

[3] Bokassa a raconté par le menu détail comment Giscard l’avait fait arrêter et garder au secret pendant plusieurs jours dans un avion sur un aéroport militaire français en région parisienne ! Chirac a tenté la même crapulerie vainement !

[4] Le « colonel Gérard Mansion, le général de Richouffz » l’armée française régulière déployée en Côte d’Ivoire équipaient et entraînaient les rebelles. De hauts magistrats parisiens tentaient de faire croire par le vernis de la loi que la Côte d’Ivoire était un pays antisémite ou antijuif.

[5] Verschave François Xavier, 2001, Noir procès : offense à chefs d'État, éd.  Les Arènes

[6] On lira Une imposture française pour comprendre les mécanismes de la théorisation de « la mal gouvernance » par les répétiteurs de la piètre pensée autour de Bernard Henri Levy.

[7] Nous avons peut-être refoulé les photos de Félix Houphouët-Boigny posant avec des loubards de la terreur !!! Nous avons peut-être refoulés les milices d’Etat du Pdci !

[8] Le cas Gahoudi parfait l’illustration de ce summum de la stupidité en politique. On lira la longue explication de l’officier ivoirien aux « petits galons » de la légalité constitutionnelle républicaine. Le cas du Gal Doué éclaire sur ce qui s’est passé au Rwanda !

[9] « L’imbécile Villepin » selon le mot de Jack Straw transcrit par Saint Iran se tambourine la poitrine d’avoir introduit en Côte d’Ivoire le virus du chantage et de l’intimidation !

[10] Je tire cette esquisse des documents préparatoires de la conférence donnée, à Montpellier (7 novembre 2009), par Ablé Joachim Tiébi, un jeune philosophe franco-ivoirien ! Pour moi, la Palabre africaine restaure la dignité par la pratique de l’altérité active permanente ; elle  désapprend la corruption intellectuelle enseignée par l’Occident. Je définis la Palabre africaine comme un « viatique qui permet une réactivation consciente des savoirs en sommeil en nous, une assimilation méthodique de la modernité du sens commun, de la sagesse cristallisée dans la nation nègre ».

[11] Dr Dramane Allassane Ouattara a dit à la terre entière que sa citoyenneté ivoirienne avait été mutilée. Il a interrogé sévèrement notre conscience et notre raison tolérante. Le choc des cultures ivoiritaires s’est finalement produit avec son cortège d’horreurs, d’abominations. L’abcès a été crevé ! Nous sommes, tous, perdants ! Nous ne savons plus comment en sortir. Nous ne savons plus comment réparer les dégâts, panser les plaies invisibles ! 

[12] L’existence de faux enrôlés ou enrôlés déboutés de leurs droits, de rebelles et groupes d’auto-défense en armes sur le territoire est de nature à contredire la nature libre, transparente et démocratique des élections devant sceller la réunification et la réconciliation nationales.

[13] Tony Oulaï avait averti !

[14] On n’a pas encore compris, dans nos terroirs meurtris des fosses communes du Guébié et des disparitions du Sanwi, le véritable sens d’une élection politique fusse-t-elle démocratique.

[15] On doit donc réellement poursuivre devant nos tribunaux l’ancien chauffeur de Félix Houphouët-Boigny et Frédéric Guirma pour diffamation et incitation à la violence xénophobe !

[16] Les cars remplis de Mossi burkinabé, de Bozos et de Somonos maliens furent, en ce sens, le comble de la vacuité politique, le désastre humanitaire qui continue de plonger la Côte d’Ivoire et les Ivoiriens dans les profondeurs de l’imprononçable.

[17] Les élections d’octobre 2000 devaient ramener la paix en Côte d’Ivoire. Elles ont été aussi à la racine des graves errements d’aujourd’hui ! On est donc en droit de dire avec Ségolène que « les messages que les électeurs envoient en votant n’ont pas toujours un contenu idéologique construit (…) la volatilité de ces votes indique que les choses ne sont pas figées : les électeurs bougent et ne s’arrêteront pas de bouger ». Les élections sont un moment festif d’une nation en paix avec elle-même. Elle choisit alors sereinement ses chefs. Ce qui n’est pas le cas de la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui.

[18] Gobéli, Bobolilié, Sokotohué, Kpahirognoa, Pépézo, Niawohué, Kpadagnoa, Lokidou, Niakoblognoa, Béyo, Ménégnélilié , Godélilié, Niakogadé, Kripoko, Toutouko.

[19] Harkis c’est le nom donner aux supplétifs de l’armée coloniale française en Algérie ; Tout comme on dit Tirailleurs pour désigner les mêmes supplétifs de couleur noire du Mali, du Sénégal et plus largement d’Afrique subsaharienne

[20] Sortir de la crise ivoirienne c’est rompre clairement avec la prosopopée dialectique, la « critique rongeuse des souris », la « pensée unique » orwellienne dont « l’affaire Dreyfus, le gouvernement de vichy, l’anti-américanisme et la défense des droits de l’homme » sont le terreau théorique et divin. « Aimons-nous les uns et les autres » et mettons au « frigidaire » nos ambitions personnelles selon le mot de Ségolène ! La guerre ethno-religieuse de Lellouche contre notre nation doit être une opportunité qui nous permette de nous libérer des carcans des amitiés historiques, nous rendre notre fierté naturelle !

[21] « Le coup d'Etat de décembre 1999 continue encore de livrer ses secrets. Révélant tout sur la préparation du coup de force.
Verneuil l'Etang, cette petite cité française peut aujourd'hui, se targuer d'avoir été le lieu où le président du Rdr, Alassane Ouattara et des officiers de l'Armée ivoirienne se sont constamment rencontrés. Tout naturellement pour aborder des sujets relatifs à la vie de la Nation ivoirienne. La première rencontre fut d'abord et avant tout celle qui s'est inscrite dans le cadre de la belle cérémonie organisée par Dominique Ouattara, l'épouse de Ouattara à Paris, à la faveur des grandes actions de Children of Africa. C'était exactement en octobre de 1999. Ensuite, va avoir lieu, quelques jours après, la cérémonie de Dominique Folleroux, une autre à Verneuil l'Etang non loin de Lakaz Bright Restaurant, un Restaurant luxueux appartenant dit-on, à un vieux Juif qui serait un membre de la famille de Madame Ouattara. C'est là, nous confie une source très introduite, que le premier entretien sur la situation socio politique a eu lieu. Et ce, quelques heures après que nos amis les officiers de l'Armée régulière de Côte d'Ivoire, parmi lesquels les Généraux Robert Guéi, Lansana Palenfo et Abdoulaye Coulibaly ont été reçus à Mougins où est située la résidence de Ouattara.  Tout a donc été planifié à Lakaz Bright Restaurant avec la supervision d'officiers généraux français, une semaine avant le déclenchement de la mutinerie. Selon une source généralement bien écoutée, l'argument qui avait été retenu pour soutenir la mutinerie était bien, la question des primes de mission. »

[22] J’ai le fort sentiment que les théoriciens du désordre ivoirien ont eu une lecture tronquée des lumières obscures de Lao Tseu

[23] Il fut une période, en France, où les Synagogues et les cimetières juifs étaient vandalisés. On entendit un rabbin raconter dans le détail son agression. Il a été incapable de décrire le visage de son agresseur ! Puis cette série sombre prit brusquement fin lorsque des lieux de cultes musulmans furent vandalisés et des imams agressés ! Depuis, c’est les graffitis antisémites et anti-musulmans qui cohabitent partout dans les préaux des écoles de France. On parle de Cran, de Tribu K et d’espace public mémoriel pour les Noirs ! On est donc en droit de se poser la question de savoir qui veut brûler du Black de France ? Cette façon de faire est celle de Fous d’Ethnie, d’Idiots de communauté qui utilisent les autres pour leurs intérêts particuliers et leur propre névrose historique et politique ! C’est ce que l’on a projeté de faire en Côte d’Ivoire. Ici, on a brûlé mosquées, églises et on convoya des Noirs étrangers, des pauvres vers le Manding voisin. C’est l’enseignement hérité de Maurice Joly et Le dialogue aux enfers. La théorie du complot a passablement fonctionné ! Au total, il a échoué ! Je n’ai pas de raisons rationnelles de ne pas croire aux vertus de cet enseignement. En pays Godié, nos anciens cultivaient, pour chaque "doco" ou foyer politique, la théorie des porteurs de la revendication radicale extrême. Le permanent travail de pacification des extrêmes critiques maintenait la cohésion du groupe. 

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27 décembre 2009

Génocide des Noirs Une fierté revendiquée en Occident

Des essais sur la fierté coloniale et esclavagiste ont envahi les librairies, les bibliothèques, les médiathèques, les classes des écoles maternelles de France. Les Conversos, les Fatimides et leurs baudets de service prospèrent sur les charniers de leurs ctimes noires et nègres. Dominique Lecourt avait largement scruté, dans Les piètres penseurs, la médiocrité des répétiteurs. Daniel Lindenberg[1] a établi la liste pratiquement exhaustive de ces intellectuels spécialistes de la connotation intolérante dont les cocardiers et promoteurs affichés seraient Alain Besançon et Pierre Manent. Ils « purifieraient » la « Terre catholique » en diabolisant les « diversités visibles » comme le fit naguère l’Allemagne fasciste en Europe continentale ! Rome et Athènes nous avaient légué en héritage philosophique et sophiste la démocratie de la violence haineuse enseignée dans les Consulats, dans les Tribunats, dans les Dictatures des Vandales, des Barbares, et des Suiveurs illuminés de Paul ! Le Sénat des catilinaires inclémentes et mortifères, voilà l’honorable ancêtre du Conseil de sécurité des Résolutions racistes et belliqueuses. Comme Athènes dans le Péloponnèse et l’impériale Rome dans le Royaume de Jérusalem, Tel-Aviv et Bruxelles nettoient, à l’uranium appauvri des Tomahawk, l’Asie mineure et la ceinture orientale du Caucase islamique !

 

J’avoue mon incapacité à comprendre les penseurs autoproclamés de France et d’Europe. Ils n’ont toujours pas tiré les leçons de leur propre histoire chaotique ! Ils occupent le Sénat mondial par le Veto. Ils sont donneurs de leçons ! Leçons de liberté ! Leçons de démocratie ! Leçons de droits de l’homme ! Pourtant, partout et par leur fait, c’est l’horizon perdu des fosses communes ! Gaza ! Rwanda ! Somalie ! Trois territoires, trois peuples détruits par le Veto et par le Coup d’Etat françafricain.

 

Tout cela m’a poussé à m’interroger sur le sens de ma vie, de la vie tout court. Je suis arrivé à la conclusion épouvantable que la vie est un effroyable et inutile accident de l’univers. Et les images atroces ont défilé dans mon esprit et le constat désabusé du sage m’a sorti de mes rêveries d’un monde meilleur. Il faut vivre et accomplir son destin selon l’énoncé sémantique des formes élémentaires de la vie religieuse. L’homme serait, selon la sociologie de Durkheim, « une nature religieuse ». Fatalisme rationnel ! Alchimie ! Et pourtant rien, sous le soleil de Septimanie, ne se crée ni ne se perd, tout est dans tout. Comprenne qui pourra mon idéal fondateur et explicatif de la civilisation ! L’homme n’est rien mais il quand même quelque chose ! C’est ce que Dadis Camara[2] a entrepris d’enseigner aux Guinéens ! Y réussira-t-il ?

 

On était au début de la saison estivale et les ventes n’étaient pas encore significatives. Les enfants creusaient partout des trous, créaient des châteaux de sable avec leurs parents rouges comme des lézards, gris comme des caïmans, écaillés comme des crocodiles, brunâtres comme des iguanes, comme tous ces reptiles carnivores qui se prélassent de paresse au soleil en attendant l’opacité de la nuit pour se livrer à leurs orgies sanguinolentes. Les reptiliens catho-laïcs, quant à eux, ils raffolaient de glaces à l’eau, de glaces au chocolat praliné et accessoirement d’eau minérale. Apparence de tableau idyllique tout ça ! Les nuages de sable donnaient, de temps à temps, un décor surréaliste de rallye du Dakar dans le Ténéré. Le sable s’invitait au soleil du Grand Travers, dans le Golfe du Lion. A chaque rafale du mistral, les marchands de glaces couvraient leurs chouchous et leurs beignets. Et nous aussi, vendeurs occasionnels ! Les charrettes des marchands de glaces reproduisaient l’exubérance festive du Midi.  Plat de sa beauté azuréenne ! Chaudement mouvementé aux sifflements mistraliens ! La plage du Grand Travers était un monde à part dans ce monde d’été !!!

 

La journée avait été difficile. Il fallait se ressourcer. J’étais assis à une petite table au couvert rouge dans un célèbre restaurant héraultais. Je terminais mon repas. Je pensais à ce que je ferais le lendemain sur la plage. Me lever très tôt, acheter du pain, de la salade verte et fabriquer une bonne vingtaine de sandwichs que je vendrais à la sauvette ! Comme les marchands de glaces ! Période fertile en imagination dira-t-on ! C’est dans ce moment de cogitation intense sur les « conditions de vente de sandwichs » que m’est venue l’idée d’écrire un essai poétique sur notre monde épouvanté aux prisons secrètes, terrorisé aux camps de concentration dont Guantanamo est l’illustration visible ! Je me souviens encore des circonstances comme si c’était hier ! C’est donc à une table quelconque, dans un restaurant atypique que j’ai réalisé, pour la première fois, la terrifiante fausseté de notre époque dominée par la civilisation albo-européenne ? Frantz Fanon avait averti en enseignant que « l’individu est son propre fondement ». J’en mesurais la vérité fondamentale, la véracité naturelle. Nous sommes individuellement libre, seul et solitaire au milieu de flots d’humains libres, seuls et solitaires. La télévision ne ressassait-il pas tout et son contraire comme le roman pétrifié et pétrifiant de Chamoiseau. La sécurité des biens et des personnes, la sécurité nucléaire, la sécurité alimentaire, la sécurité des intérêts de l’Occident, la sécurité de la paix, la sécurité du maintien du niveau de vie des Européens constituent l’essentiel de la pétrification des mœurs politiques contemporaines. Le mot d’ordre venu d’outre atlantique était explicite. Il incitait à porter partout le glaive catho-laïc pour assurer la victoire des valeurs des Européens, de leur raison, de leur liberté, de leur accès à l’or noir et à toutes les richesses de la terre, quitte à exterminer, ici et là, les minorités insignifiantes noires, arabes, et autres, comme ils l’avaient fait en Amérique, ce nouveau monde qui leur a été donné par dieu, par leur dieu et ses serviteurs. Moïse ne leur avait-il pas légué, en héritage, le Décalogue infaillible ? Quant à Jésus, il avait méthodiquement établi les Evangiles, le commentaire exhaustif des Tables de la Loi. La tragédie de septembre les avait secoués et, avait porté un coup à leurs certitudes. Le Décalogue, les Evangiles, la Tables des Lois n’étaient aussi infaillibles ! Il fallait se réveiller et réveiller à l’autocritique, à la critique de ce qui avait disjoncté dans leur système de pensée, dans leur organisation sociale et culturelle, dans les rapports qu’ils entretenaient avec les autres. A la « question barbare » de leurs concurrents, ils ont revendiqué et promu la brutalité de la réponse barbare. Ils avaient oublié le dialogue démocratique, le pardon libérateur, la tolérance, l’humanisme de la kabbale, la  fraternité universelle !

 

Cette idée de faire quelque chose sommeillait en moi. Je cohabitais avec elle. Une vue vaine ! Un projet étrange ! Les puissants de notre planète n’avaient-ils pas édicté ce qui devait être notre bonheur ? N’affirmaient-ils pas leur fierté d’être génocidaires pour notre liberté, pour notre quiétude ! Et partout, ils ont porté l’épée guerrière, le sabre vengeur. Ils massacraient enfants, femmes, vieillards, handicapés un peu partout : en Afrique noire et ailleurs. On était fier par la célébration et la promotion du génocide. C’était grotesque ! Mais en même temps cette « pensée magique » pour ne pas dire tragique était la vérité de notre temps. Cette façon de penser les relations humaines s’était imposée comme l’unique aune de vérité du monde !

 

Je n’arrivais plus à me défaire de cette idée qui devenait fixe en moi. Elle me suivait partout, elle me poursuivait, faisait corps avec moi comme mon ombre, elle m’enserrait. Je ne pouvais plus penser, je ne pouvais plus rêver comme autrefois sans subir le cauchemar d’une telle idée effroyable. Je n’étais que par elle et pour elle. Alors j’ai décidé de la déposer ici dans le grand livre du monde comme ma trace dans ce testament universel. Pour m’en débarrasser, pour souffler, vivre à peu près correctement comme tout le monde, être comme tout le monde, penser comme tout le monde, palabrer comme tout le monde sans avoir à retenir mes mots, sans avoir à taire ma conviction lorsque le débat se pose avec empressement dans les cercles littéraires les plus cultes de France et de l’Hérault. Je voulais être libre de penser librement, je ne voulais plus m’autocensurer. Je ne voulais plus que les miens soient l’objet de propos grossiers. Je voulais penser clairement contre ces penseurs de la fierté arrogante et criminelle.

 

Non, la Bulle pontificale, la Fatwa du Mollah, le Veto et la Résolution ne peuvent pas être un corpus doctrinal universel pour la Liberté fondamentale, pour la Palabre naturelle et le Respect de la vie. Ils en sont la négation ! Ils sont le bouclier protecteur du cardinal juif, des conversos et des catho-laïcs.  Le Génocide des Noirs, voilà la vérité qui fait trembler le monde des Leucodermes  !

 

Lettê na Lettê

27 décembre 2009



[1] Daniel Lindenberg, 2002, Le rappel à l’ordre Enquête sur les nouveaux réactionnaires, éd. Seuil / La République des idées

[2] « Où est Samory Touré ? Où est Sékou Touré ? Où est Lassana Conté ? etc… » Prestigieuse mais aussi douteuse évocation de noms ! Ils furent, à leur époque,  tristement célèbres par l’effroyable terreur suscitée ! Ils furent aussi d’authentiques moments de liesse populaire grandiose ! « Où sont-ils ? » Cette question fait sens et tombe sous le coup de toutes les foudres idéologiques et obscures ! Ces noms-là existent  ou n’existent pas par notre atavisme de la Mémoire, parfois amnésique  et/ou sélective !

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26 décembre 2009

Pourquoi Encres Indociles?

L'action politique, comme oeuvre humaine, est forcément banale et imparfaite. Elle est, en même temps, le moment subliminal qui entretient et fluidifie la cohésion sociale. Elle délimite en permanence les valeurs et les principes communs à tous. L'action politique est donc le laboratoire des règles et des lois qui régissent, harmonisent et pacifient les comportements et la psychologie de chacun et de tous. Les mots de l'action politique doivent donc être soumis, en permanence, à l'austérité de la critique fondamentale. Tel est l'objectif affiché, revendiqué et assumé : aider à circonscrire, si cela est possible, les dérives inhérentes à l'action politique humaine. L’Afrique noire en a besoin !

Lettê na Lettê

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